Comme un loup poursuivant un mouton. . . : les monastères grecs sous domination latine (XIIIe-XVIe siècles)

par Ludivine Voisin

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Gilles Grivaud.

Soutenue en 2011

à Rouen .


  • Résumé

    Le sac de Constantinople, en 1204, a convaincu des historiens que le monachisme grec ne peut survivre dans un environnement dominé par l'élément latin, à Constantinople et ailleurs. L'extension chronologique et géographique de la domination latine au Moyen-Âge permet de s'interroger sur la validité du modèle constantinopolitain dans les autres pays gréco-latins et de poser la question du maintien de l'identité monastique grecque après 1204. L'intégration d'une multitude de fondations dans une analyse comparative à grande échelle temporelle et géographique met en évidence des évolutions et des stratégies communes. Alors que le monachisme grec d'Italie du Sud décline aux XIIe et XIIIe siècles et que les monastères de Constantinople ne se relèvent pas, le mouvement monastique renaît partout ailleurs et de manière continue. L'identité institutionnelle des fondations monastiques est aussi maintenue après 1204. Une évolution est toutefois notable : comme en Occident, les pouvoirs religieux et civils tentent de réduire les pouvoirs des laïcs sur les établissements monastiques. Le projet pontifical de constitution d'une Église libre se manifeste aussi par la volonté de faire des clercs des individus libérés des obligations féodales, ce qui pose problème pour les Grecs, majoritairement dépendants. Au final, la tradition monastique est respectée : aucune restriction de statut n'empêche l'entrée en religion des Grecs. La correspondance pontificale démontre que le monachisme grec fait partie de l'Église universelle, sans altérer son identité. La vitalité, notamment économique, et l'identité du monachisme grec ne sont pas altérées par la présence latine.

  • Titre traduit

    Like a wolf pursuing a lamb. . . : Greek monasteries under Latin rule (XIIIth-XVIth c.)


  • Résumé

    The sack of Constantinople in 1204 convinced some historians that Greek monasticism cannot survive a Latin-ruled environment in Constantinople and elsewhere. The chronological and geographical extension of Latin domination in Orient in the Middle Ages enables to question the validity of the constantinopolitan model in other Greco-Latin countries and the maintaining of Greek monastic identity after 1204. Integrating a variety of foundations in a comparative analysis, carried out on a huge temporal and spatial scale, reveals common trends and strategies. Whereas Greek monasticism declines in Southern Italy in XIIth and XIIIth centuries as in Latin-ruled Constantinople, the monastic movement rises everywhere and continuously. The institutional identity of monastic foundations in also maintained after 1204. An evolution is however notable, as in the West : religious and civil authorities are trying to reduce the powers of the laity on monastic foundations. The pontifical project for the establishment of a free Church results in the willingness to make clercs released from feudal obligations, which is a problem for Greeks who are mostly dependent. In the end, the monastic tradition is respected : no restriction status prevents the Greeks from becoming monks. Papal letters show that Greek monasticism is part of the Universal Church, without changing its identity. The vitality, especially economical, and the identity of Greek monasticism are not affected by the Latins.

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Informations

  • Détails : 3 vol. (674 p., 176 f., [16] p.)
  • Annexes : Bibliographie p. 13-56. Index

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  • Cote : Z25806
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