Soi-même comme objet : l'autobiographie selon Annie Ernaux

par Marguerite Cornier

Thèse de doctorat en Langue et littérature française

Sous la direction de Alain Cresciucci.

Soutenue en 2011

à Rouen .


  • Résumé

    Cette thèse étudie la posture autobiographique d'annie Ernaux qui expérimente une forme d'expression à la frontière entre littérature et sociologie pour se reconstruire comme objet dans l'acte d'écriture, et exprimer les énigmes et tensions d'une existence. Après avoir fait le point sur la formation de l'auteure, l'évolution de son oeuvre et sa place dans l'autobiographie contemporaine, les démarches de l'autobiographe et du sociologue face à leur objet de recherche sont mises en parallèle. Se pose en particulier le problème de l'objectivité du discours et de la recherche de la vérité. La narratrice, à partir de La place, expérimente une démarche basée sur la mémoire visuelle, essentiellement; Elle utilise des procédés autobiographiques de manière à créer des tensions avec l'écriture scientifique et à reconstituer la réalité : exposé d'une méthode, notes, attestation documentaire. Ces décalages laissent entrevoir un aspect fragmentaire de l'expérience et un je incertain de sa permanence dans le temps. Les pertes, récurrentes dans l'oeuvre, jouent un rôle fondateur dans l'écriture : ruptures, secrets familiaux – comme la situation d'enfant de remplacement ou la honte. Elles forment la trame d'un récit des origines où se construit un mythe personnel. Le je transpersonnel est l'expression d'une identité problématique, que le sujet transforme en un objet écrit possédant une dimension initiatique et salvatrice.

  • Titre traduit

    Oneself as an object : autobiography according to Annie Ernaux


  • Résumé

    This thesis studies Annie Ernaux's autobiographical position and the way she experiments a form of expression on the borders of literature and sociology in order to be reconstructed as an object in the process of writing, and express enigmas and tensions of a life. After examining the author's education, the evolution of her work and her place in the field of contemporary autobiography, a comparison will be made between the steps of the autobiographer and sociologist facing the object of their research. One particular problem arises: the objectivity in speech and the search for truth. The narrator, starting from « A Man's Place », experiments a reasoning based mainly on visuel memory. She uses autobiographical processes in order to create tensions with scientific writing and rebuilt reality : account of a method, notes, proofs. Because of these gaps, we can feel an incomplete side of the experience and an « I » uncertain of her permanence throughout time. The losses, which are recurrent in her work, play a founding part in her writing : ruptures, family secrets, such as her situation as a replacement child or the scene of shame. They make up the framework for a narrative of origins in which a personal myth is being created. The transpersonal « I » is the expression of a problematical identity, that the subject turns into a written object owning an initiatory and saving dimension of its own.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (415 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 395-415. Index

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  • Cote : XD7985
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