Thèse soutenue

Arts contemporains africains et enjeux du débat critique postcolonial : cartographies artistiques et discursives entre Paris et Dakar (1966-2006)

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Auteur / Autrice : El Hadji Malick Ndiaye
Direction : Jean-Marc Poinsot
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire de l'art
Date : Soutenance en 2011
Etablissement(s) : Rennes 2
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Arts, Lettres, Langues (Bretagne)
Partenaire(s) de recherche : Autre partenaire : Université européenne de Bretagne (2007-2016)

Résumé

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Une histoire culturelle partielle des modernités artistiques africaines permet de dresser une facette non iconoclaste de leur caractère. Les spécificités qui se dégagent de l’histoire des objets (chronotope du territoire, frontières spatio-temporelles, décontextualisation, aura, etc. ) indiquent les latitudes d’une géopolitique de l’iconographie. Cependant, la densité historique des années 1990 témoigne d’un changement de paradigme introduit par l’exposition Magiciens de la Terre (1989), les politiques culturelles et par l’histoire intense des biennales et festivals. Les rapports artistiques entre un Centre et une Périphérie (modèle de Samir Amin) glissent d’un internationalisme asymétrique vers un cosmopolitisme traduit par l’exposition Africa Remix (2005). La corrélation entre aires culturelles et limites géographiques perd toute pertinence, elle est progressivement remplacée par les réseaux dans une hétérogénéité spatiale. Au sein de cette nouvelle géopolitique culturelle, l’importance et la démultiplication des rôles du commissaire d’exposition sont concomitantes à la traversée des frontières par l’oeuvre d’art et par l’artiste contemporain. Il en résulte que le commissaire est un agent de transfert et de transmutation dont l’action semble de plus en plus oeuvrer entre les cultures plutôt qu’entre les canons, comme en témoigne la pratique curatoriale d’Okwui Enwezor. C’est à ce niveau qu’il importe de marquer la rupture et l’affinité qui existent entre cette génération d’acteurs culturels de la diaspora africaine, où le militantisme critique passe essentiellement par une écriture avec l’objet, et la génération senghorienne où il passait par une écriture sur l’objet. Les changements constatés au sein des cartographies artistiques et discursives permettent alors de mieux cerner l’écologie de l’oeuvre d’art dans les jeux du display. En partant de l’iconographie, cette évolution autorise l’appréhension des différents rapports entre modernité, « nationalisme » et épistémologie, tout en s’accordant avec Georges Matoré sur le fait que « l’image se souvient. Elle est à la fois potentialité et nostalgie»