Circulations techniques entre l’art magique et le cinématographe avant 1906

par Frédéric Tabet

Thèse de doctorat en Arts

Sous la direction de Giusy Pisano.

Le président du jury était François Albera.

Le jury était composé de Giusy Pisano, Martin Laliberté, Marie-Madeleine Mervant-Roux.

Les rapporteurs étaient Daniel Raichvarg, André Gaudreault.


  • Résumé

    Cette thèse étudie les relations techniques entre l’art magique et le cinématographe et confronte la pratique de trois artistes magiciens à celle de Georges Méliès. Bien que le rapprochement ait souvent été considéré comme évident, le but est ici d’étudier en détail les liens techniques entre le cinéma et la magie. En effet, le spectacle magique présenté par les prestidigitateurs, les illusionnistes ou les manipulateurs répond à des règles établies, théorisées, et débattues au sein de la profession. Il n’y a pas une pratique, mais des genres et des modes de présentation différents, qui évoluent sans cesse. Analyser l’utilisation du cinématographe au regard de ces règles permet de mettre en évidence une continuité d’approche de la part des magiciens ; cette machine constitue pour eux un nouvel élément dans un spectacle déjà établi. Après avoir développé les formes et les pratiques associées à la prestidigitation, nous analyserons dans la première partie l’œuvre de Buatier de Kolta, qui implante une nouvelle forme : l’illusionnisme, ainsi qu’une technique, le Théâtre Noir, invention née par erreur. La seconde partie retrace le succès de Leopoldo Fregoli, qui pousse les limites des pièces magiques anglaises avec son spectacle de Transformisme : il ne repose plus sur la technique des identités altérées d’acteurs. Finalement, la troisième partie étudie l’implantation de la figure du manipulateur, perçue comme un artiste-virtuose et comme une forme de « magie moderne » par le public ; cette forme questionne les magiciens sur la place que doit tenir la manipulation dans leur art, au moment où se forment les premiers syndicats corporatifs. Plus précisément la dernière partie étudie l’adoption de cette forme dans l’œuvre de Gaston Velle, tant dans ses spectacles itinérants que dans ses premières vues animées. L’ensemble de ces questionnements sera rapproché des pratiques magiques et cinématographiques de Georges Méliès, qui emprunte à chacune de ces formes

  • Titre traduit

    Technical links between cinema and stage magic before 1906


  • Résumé

    This thesis studies the technical relations between the art of magic and the cinematograph, and confronts the practice of three magicians to that of Georges Méliès. Although the link between cinema and magic was often considered evident, the purpose here is to study in detail the technical links between them. Indeed, the magic show presented by the prestidigitators, the illusionists or the manipulators replies to established theorized rules, which are discussed within the profession. There is not one practice, but several genres and different modes of presentation, which evolve. Analyzing the use of the cinematograph within these rules reveals a continuity of understanding amongst the magicians, this machine constitutes for them a new tool in their already established show. The first part, develops the forms and the practices associated with prestidigitatation, and analyzes Buatier de Kolta's illusionist work, as well as a technique : The Black Art, which arose, by mistake from a more compex invention. The second part redefines Leopoldo Fregoli's success, which pushes the limits of the English Magic Theater with its transformism show that is no longer based on the technique of the actors’ distorted identities. Finally, the third part studies the magician-manipulator, perceived by the public as a virtuoso; this questions the magicians about the place that manipulation takes in the magic show. The third part will study the adoption of this form in Gaston Velle's work both in his itinerant shows and in his first animated views. All these questionings will be reviewed in relation to Georges Méliès' magic and cinematographic practices, which borrow from each of these forms

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