Psychose, psychothérapie institutionnelle et aliénation

par Elie Pouillaude

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Jean-Michel Labadie.

Soutenue en 2011

à Paris 13 .


  • Résumé

    La clinique de la psychothérapie institutionnelle s’est construite autour du traitement de la psychose schizophrénique. Fidèle au voeu de Freud, cette pratique permet de traiter psychanalytiquement, en établissement, des patients difficilement accessibles à la cure-type. Nous soutenons l’idée que ce mouvement ne peut se comprendre, historiquement, cliniquement et théoriquement qu’à partir du concept de double aliénation. Il nous paraît dès lors nécessaire, dans une perspective de prise en charge psychanalytique de la schizophrénie, de contribuer à la restauration de cet ancien concept d’aliénation. Dans la lignée de Tosquelles et Oury, la psychothérapie institutionnelle s’est développée tant en réaction à l’aliénation politique des années 1940 que pour subvertir l’aliénation asilaire. Son but est de transformer un établissement de soin en une institution capable de recevoir le transfert dissocié du sujet psychotique. Son paradigme propose ainsi que le traitement de l’aliénation sociale du lieu de soin soit le préalable indispensable à la prise en charge psychanalytique de l’aliénation psychopathologique psychotique. Dès lors, une cinquantaine de concepts seront créés pour analyser et traiter ces deux aliénations dont souffre le sujet schizophrène. La manière dont le concept d’aliénation a été remis en jeu et bouleversé par l’expérience clinique de la psychothérapie institutionnelle demande de repenser l’articulation des processus structurants de la psyché et du social. En retraçant épistémologiquement son histoire, nous nous apercevons que l’aliénation ne désigne plus uniquement la perte de soi dans un autre extérieur mais également l’intériorisation des figures extérieures et anciennes de cet autre. Cette perspective soulève les questions de l’antériorité dans la dimension psychique et de ses rapports, notamment dans la psychose, avec le Dehors. Notre thèse se construit ainsi sur trois axes : une histoire de la psychothérapie institutionnelle comme mouvement traitant la psychose à partir du concept d’aliénation, le repérage des concepts théoriques développés par cette pratique pour prendre en charge la psychopathologie du sujet schizophrène et, enfin, une lecture épistémologique du concept d’aliénation, organisée selon un triptyque antériorité-intériorité-antériorité, qui nous permet de proposer le concept de on comme étant une figure intériorisée de l’histoire qui ferait défaut dans la psychose.

  • Titre traduit

    Psychosis, international psychotherapy and alination


  • Résumé

    Clinical practice in institutional psychotherapy is constructed around the treatment of schizophrenic psychosis. In accordance with the wishes of Freud, this practice enables the institutional treatment of patients who are seldom sensitive to typical cure. I sustain the idea that this movement can, historically, clinically and theoretically, be understood only through the concept of double alienation. It seems therefore necessary to me to contribute to the resurgence of this old concept of alienation in the perspective of a sychoanalytical treatment of schizophrenia. Following the tradition established by Tosquelles and Oury, institutional psychotherapy was developed as much as a reaction to the political alienation of the 1940s as a means of subverting the alienation felt in lunatic asylums. Its purpose is to transform an establishment providing care into an institution capable of receiving the dissociated transfer of the psychotic subject. Its paradigm thus presupposes that the treatment of social alienation of the place of care be the indispensable prior condition to the psychoanalytical treatment of psychotic and psychopathological alienation. Since then some fifty concepts have been coined to analyze and treat these two alienations the schizophrenic subject suffers from. The way in which the concept of alienating has been called into question and shattered by the clinical experience of institutional psychotherapy prompts me to reconsider the articulation of the structuring process of the psyche and the social. By epistemologically remapping its history, I come to the conclusion that alienation does not only signify the loss of the self in an another outside, but also the internalization of older and external figures of this other. This perspective raises the question of precedence in the psychic dimension and its relations with the Outside especially in psychosis. My thesis is structured around three axes: a history of institutional psychotherapy as movement which treats psychosis with the help of the concept of alienation, the identification of theoretical concepts developed by this practice in order to treat the psychopathology of the schizophrenic subject and finally an epistemological reading of the concept of alienation, organized in terms of a triptych- outside-inside-precedence, which makes me propose the thesis that the concept of the French third person impersonal pronoun "on" is an internalized figure of history which may be lacking in psychosis.

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Cette thèse a donné lieu à une publication en 2014 par Hermann à Paris

L'aliénation : psychose et psychothérapie institutionnelle


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La version de soutenance existe sous forme papier

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  • Détails : 1 vol. (544 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 519-532

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  • Bibliothèque : Université Paris 13 (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis). Bibliothèque universitaire.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 2011 058
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Cette thèse a donné lieu à 1 publication .

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Cette thèse a donné lieu à une publication en 2014 par Hermann à Paris

Informations

  • Sous le titre : L'aliénation : psychose et psychothérapie institutionnelle
  • Dans la collection : Hermann Psychanalyse
  • Détails : 1 vol. (450 p.)
  • ISBN : 978-2-7056-8677-2
  • Annexes : Bibliogr. p. [433]-444. Notes bibliogr.
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