Des représentations sociales du VIH/sida à la construction d'une identité séropositive : analyse de discours en pays Moba (Nord-Togo)

par Lardja Kanati

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Philippe Combessie.

Soutenue le 16-12-2011

à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) .


  • Résumé

    La recherche concerne les représentations sociales du VIH/sida, en pays Moba (Nord Togo) telles qu’elles sont socialement et culturellement perçues, tant par les personnes vivant au quotidien avec le VIH/sida que par celles qui ne sont pas atteintes. Une revue de la littérature a mis en évidence l’évolution des connaissances, croyances, attitudes, inquiétudes et défenses au regard de l’évolution du VIH/sida à travers le monde. Elle a permis d’identifier les éléments constitutifs des représentations sociales du VIH/sida en les abordant à travers le prisme du modèle contagionniste, des théories profanes, de l’action raisonnée et du comportement planifié. On a exploré aussi les théories explicatives (du stigmate, des préjugés et des discriminations) et celles dites des «peurs liminales». Des travaux empiriques ont été menés en pays Moba, au Nord-Togo. Les objectifs ont été d’analyser les composantes des discours populaires/profanes des personnes non infectées et des personnes infectées afin de mettre en évidence les phénomènes cognitifs induits par les représentations sociales de la maladie qui contribuent à la construction d'une identité séropositive. Méthode 410 personnes, âgées de 18 à 56 ans, ont été interrogées : 376 personnes non infectées (dont 269 prises de manière aléatoire), 7 agents de l’Association Vivre dans l’Espérance prenant en charge des personnes vivant avec le VIH, 34 personnes infectées par le VIH/sida. Une analyse quantitative des données a été menée à l'aide du logiciel SPSS (Statistical Social Sciences Package); traitement des tests de khi-deux de Pearson. Une analyse de contenu sociolinguistique s’est appliquée aux différents discours produits. Elle s'est faite en identifiant des catégories clés. Pour effectuer une procédure de contrôle, nous avons eu recours à la méthode des jurés qui nous a permis de valider les catégories identifiées par deux enseignants de l'Université de Kara originaires du pays Moba comme nous.Résultats, discussion et conclusion Les représentations sociales du VIH/sida en pays Moba s’élaborent et se structurent sous l’influence de processus socioculturels qui demeurent préjudiciables pour les personnes atteintes du VIH. Si les personnes non infectées continuent de considérer le sida comme une maladie grave, mortelle ou encore comme une maladie «honteuse» parce qu’elle est liée au sexe, les personnes infectées ne semblent pas s’auto-stigmatiser comme des «personnes dangereuses» et se décrivent plutôt comme des patients atteints d’une maladie chronique, au même titre que ceux qui sont victimes du paludisme. Elles précisent que la prise en charge médicale et psycho-sociale a produit un changement (décrit comme «positif») dans la perception de la maladie et de celui qui en est porteur. Les attitudes à leur endroit seraient et resteraient malgré tout «hostiles». Ce facteur serait à l’origine de «souffrances» de ces personnes et de la mise en œuvre au quotidien de stratégies permettant de faire face à leur mal. Une véritable identité séropositive semble se construire autour des déterminants comportementaux qui portent sur la prévention d’une éventuelle double infection, le mariage entre séropositifs, le maintien de l'exercice d'un métier, le renoncement aux activités sexuelles, la participation à des rituels spécifiques de deuil, les témoignages à visage découvert, le maintien du non-dit et la politique du secret quant à leur séropositivité.

  • Titre traduit

    From social representations of HIV/aids in Moba's area to the seropositive identity building : the speech analysis in North-Togo


  • Résumé

    The social representations of HIV/AIDS such as they are socially and culturally perceived and the strategies updated in the speech of the people living at the daily with HIV/AIDS in Moba's area were explored. A significant review of the literature tried to highlight the evolution of knowledge, beliefs, attitudes, concerns and defenses in comparison with the international social events and to identify the components of the social representations of HIV/AIDS by approaching them through the prism of the model contagionnist, the profane theories, the reasoned action and the planned behavior, as well as the explanatory theories (of the mark, the prejudices and discrimination) and those of the liminal fears. Empric work was undertaken in Moba’s area, in North-Togo. The objectives were to analyze the components of the common/profanes speeches of uninfected and infected people in order to highlight the cognitive phenomena induced by the social representations of the disease which contribute to the construction of an identity of HIV-positive individual. In all, 410 old people of 18 with more than 56 years including/understanding: 376 uninfected people including 269 catches in a random way and 7 agents of Association Food in the Hope dealing with people living with the HIV and 34 people infected by HIV/AIDS. A sociolinguistic analysis of contents applied to the various produced speeches. It was done by identifying key categories as well as verbatim while measuring their importance. The use of SPSS software (Statistical Social Package for the Sciences) allowed to classify the speeches in order to emphasize recurring. To carry out a check procedure, we had recourseto the method of sworn which enabled us to validate the dcatégories identified by two teachers of the University of Kara originating in the Moba’s area like us. The social representations of HIV/AIDS in Moba’s area are worked out and structured under the influence of processes socioculturels which remain prejudicial for the people reached of the HIV. If the not infected people continue to regard the AIDS as a serious illness, mortal or a venereal disease because it is related to the sex, the infected people do not seem car-to stigmatize themselves like “dangerous people” and describe themselves rather like patients reached of a chronic disease, as well as those which are victims of malaria. They recognize that the medical and psychosocial assumption of responsibility produced a change (positive) in the perception of the disease and that which of it is carrying. The attitudes at their place would be and remain in spite of very hostile. This factor would be at the origin of the sufferings of these people and the implementation to the daily living strategies to face their evil. A true seropositive identity seems to be built around the behavioral determinants which relate to the prevention of the double infection, the marriage between hiv-positive individuals, the maintenance of the exercise of a trade, the renouncement of the sexual activities, the ritual specific ones of mourning, testimonys with discovered face, the maintenance of the unvoiced comment and the policy of the secrecy as for their seropositivity.


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