De la trace à l’archive : pratiques mémorielles et pratiques artistiques contemporaines

par Géraldine Sfez

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Catherine Perret.

Le président du jury était Jean-Philippe Antoine.

Le jury était composé de Catherine Perret, Jean-Philippe Antoine, Frederik Tygstrup, Pierre Zaoui, Sophie Delpeux.

Les rapporteurs étaient Frederik Tygstrup, Pierre Zaoui.


  • Résumé

    Comment mémoriser quand tout semble déjà mémorisé, enregistré, archivé ? Comment produire de la mémoire quand chacun se trouve entouré d’appareils disposés à mémoriser pour lui ? Comment opérer une distinction entre une « mémoire » prothétique, externalisée, déterritorialisée et une mémoire qui serait de l’ordre de l’expérience ? Notre hypothèse est que pour saisir la spécificité de cette mémoire, il faut comprendre en quoi elle relève d’un processus avant tout corporel. La mémoire non seulement s’inscrit dans le corps, mais plus encore procède du corps. Les « arts de la mémoire » qui envisagent la mémoire comme un procédé associant une image à un lieu laissent ainsi impensé le troisième terme de cette association : le corps, et plus précisément le corps affecté. C’est l’art, et en particulier l’art à partir des années soixante, qui nous semble restituer de la façon la plus manifeste ce processus quand il prend le corps comme médium et articule ainsi étroitement les notions de pratique, de mémoire et de corps, à travers trois modalités principalement : la trace, l’inscription, l’archive. Pour comprendre comment les pratiques artistiques à partir des années soixante donnent à repenser les pratiques mémorielles, nous nous intéresserons donc au corps qui se mesure à l’espace et y laisse une trace (Richard Long, Piero Manzoni, Stanley Brouwn) ; au corps qui répète un même geste et par cette répétition, inscrit ce geste en lui (Samuel Beckett, Bruce Nauman, Vito Acconci, Andy Warhol) ; au corps enfin qui se fige, se stratifie et devient lui-même sa propre archive (Jeff Wall, Gerhard Richter).

  • Titre traduit

    From trace to archive : practices and contemporary art practices


  • Résumé

    How to memorize when everything seems already memorized, recorded, archived? How to produce memory when one is submerged by tools, apparatus already memorizing for oneself? How to operate a distinction between a prosthetic, external “memory” and a memory which proceeds from experience? The specificity of memory consists in, and this is our hypothesis, bodily processes. Not only does memory inscribes itself in the body, but it also proceeds from the body. The arts of memory (the ars memoriae of the Antiquity) which conceive memory as a procedure associating an image with a place, do not take in consideration the other term of this association: the body, or more precisely, the affected body. Art, and specifically art since the sixties, reconsiders the link between body and memory by using the body as a medium, thus closely articulating notions of practice, memory and body through three modalities: trace, inscription, and archive. In order to understand how art practices since the sixties have contributed to redefining memory practices, the research will focus first on the body which confronts itself to space and leaves a trace (Piero Manzoni, Richard Long, Stanley Brouwn), then on the body which repeats the same gesture and by the way of this repetition, inscribes this gesture in itself (Samuel Beckett, Bruce Nauman, Vito Acconci, Andy Warhol), and finally, the body which becomes itself a body-archive (Jeff Wall, Gerhard Richter).

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