La danse à l’école des pauvres : projet politique d’intégration sociale des enfants des favelas : l’exemple d’une ONG à Fortaleza, Brésil

par Anne-Sophie Gosselin

Thèse de doctorat en Sciences et techniques des activités physiques et sportives

Sous la direction de Jacques Defrance et de Sylvia Faure.

Le président du jury était Abdelhafid Hammouche.

Le jury était composé de Jacques Defrance, Sylvia Faure, Abdelhafid Hammouche, Daniel Thin, Julia Miranda.

Les rapporteurs étaient Daniel Thin.


  • Résumé

    Basé sur une démarche empirique, l’objet d’étude de la thèse est centré sur la notion de pauvreté dans ses dimensions corporelle et politique. Réalisé entre 2006 et 2007 dans une ONG brésilienne où sont enseignées les danses classique et contemporaine à des jeunes des favelas de Fortaleza (métropole du Nordeste du Brésil), le travail ethnographique constitue un fondement empirique pour questionner de manière théorique l’articulation entre les processus de socialisation et d’incorporation dans les logiques de prise en charge des populations dites pauvres, exclues ou marginalisées. Dans le cadre d’une idéologie de l’intégration sociale, nous démontrons comment l’art chorégraphique est réapproprié et utilisé comme mécanisme éducatif de lutte contre l’exclusion sociale. L’enjeu du travail d’observation et d’analyse sociologique est de montrer, dans une démarche compréhensive, en quoi la danse peut être – ou ne pas être – support d’une insertion sociale et d’une affiliation aux institutions éducatives. En d’autres termes, comment l’apprendre par corps peut participer d’un projet de socialisation des populations des favelas. Est-ce qu’apprendre la danse permet – ou ne permet pas – de se constituer un rapport « différent » au monde social et à l’insertion dans ce monde social ? L’observation ethnographique révèle des processus de socialisation qui mettent eu jeu le corps, mais aussi le langage et l’affect. Entre la favela et l’école de danse, l’analyse fait ainsi apparaître une socialisation plurielle qui débouche sur des logiques de socialisation différenciées à la fois complémentaires et conflictuelles. En dépassant la réalité locale observée, cette étude permet finalement une réflexion générale sur les notions d’intégration et d’exclusion, sur la pauvreté dans les favelas, les politiques sociales et les actions des ONG sur ce que l’on nomme les « marges » de la société Brésilienne.

  • Titre traduit

    Dance at the school of the poor : a political project of social integration for children from the favelas : the example of an NGO in Fortaleza, Brazil


  • Résumé

    Based on an empirical approach, the object of study of this thesis focuses on the notion of poverty taking into consideration its body and political dimensions. Realised from 2006 to 2007 in a Brazilan dance school and NGO where Contemporary and Classical dance are taught to young people coming from the favelas of Fortaleza (large city of the Northeast of Brazil), ethnographic work constitutes a grounded basis that leads to theoretical questions concerning socialization and embodiment in the context of social work with populations said to be poor, excluded and marginalized. As part of an ideology of social integration, the art of choreography is transformed into an educational means to fight against social exclusion. Adopting a comprehensive approach, the ethnographic observation and the sociological analysis aim at demonstrating how dance can – or cannot – be the support of social integration and affiliation to educational institutions. In other words, how learning through the body experience can take part in the project of socialization of people from the favelas. Does learning dance allow – or not – an individual to create a “different” relation to the social world and to assist the individual being integrated into this social world? The ethnograhic observation highlights socialization processes mobilizing the body but also language and affect. Between the favela and the dance school, the analysis shows a plural socialization that leads to differentiated processes both complementary and conflicting. Surpassing the local reality observed, this study finally brings a larger reflection on the notions of integration and exclusion, poverty in the favelas, social policies and the actions of the NGOs on what is called the “margins” of Brazilian society.


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation. Bibliothèque virtuelle.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.