L’importance de la vulnérabilité : essai sur la signification et les implications de la catégorie de vulnérabilité dans la philosophie morale et politique contemporaine

par Marie Garrau

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Christian Lazzeri.

Le président du jury était Stéphane Haber.

Le jury était composé de Christian Lazzeri, Stéphane Haber, Philippe Chanial, Claude Gautier, Cécile Laborde, Serge Paugam.

Les rapporteurs étaient Philippe Chanial, Claude Gautier.


  • Résumé

    Les usages de la catégorie de vulnérabilité se sont multipliés ces dernières années, dans le champ de la philosophie morale et politique, ainsi que dans le champ des sciences sociales. Partant de l’hypothèse selon laquelle ces usages signalent l’émergence d’une nouvelle conception du sujet, distincte de la conception qui sous-tend la tradition politique libérale mais aussi la tradition morale de l’autonomie comme maîtrise de soi, ce travail tente de cerner la signification de cette catégorie et d’analyser les implications éthiques et politiques d’une anthropologie du sujet vulnérable. Confrontant les conceptions de la vulnérabilité que l’on peut dégager des travaux de Martha Nussbaum, d’Axel Honneth et des théoriciennes du care telles que Carol Gilligan et Joan Tronto, il soutient que la catégorie de vulnérabilité doit être comprise comme une catégorie duale : d’un point de vue anthropologique, elle renvoie à la situation d’exposition et de dépendance dans laquelle se trouvent les sujets humains en tant que sujets incarnés et relationnels et signifie que l’autonomie qui leur est accessible dépend fondamentalement de la manière dont les autres se rapportent à eux ; d’un point de vue sociologique, elle désigne les effets subjectifs induits par des situations sociales dans lesquelles les sujets sont privés des conditions nécessaires au développement et au maintien de leur autonomie. Cette conception de la vulnérabilité est ensuite vérifiée négativement par le biais d’un examen des approches sociologiques de la vulnérabilité, plus particulièrement des sociologies de la désaffiliation, de la disqualification sociale et de la domination. Enfin, elle est mise au service d’un retour à la théorie normative dont l’enjeu est de dégager les principes et les institutions d’une société qui prendrait en compte la vulnérabilité des sujets dans sa double dimension. Dans ce cadre, nous soutenons que le néorépublicanisme de Philip Pettit peut, à condition d’intégrer les apports des théories du care et de la reconnaissance, permettre de poser les bases d’une politique de la vulnérabilité visant la promotion des conditions relationnelles et sociales de l’autonomie.

  • Titre traduit

    The importance of vulnerability : an essay on the signification and the implications of the category of vulnerability in moral and political contemporary philosophy


  • Résumé

    The notion of vulnerability has recently become central in contemporary moral and political philosophy and in contemporary sociology. This work starts from the assumption that this notion carries with it a new conception of the subject, distinct both from the liberal conception and from the conception promoted by the moral tradition that defines autonomy as self-mastery. In order to define the concept of vulnerability, we first compare the way Martha Nussbaum, Axel Honneth, and care theorists such as Carol Gilligan and Joan Tronto use that notion. This comparison leads us to develop a dual conception of vulnerability according to which vulnerability should be understood as an anthropological category and a sociological one: vulnerability primarily refers to the situation of exposition and dependence in which corporeal and relational subjects are necessarily placed; that we are vulnerable means that our autonomy is dependent on the way others treat us. But vulnerability can also refer to the subjective effects produced by social situations or social contexts that deprive the subject of the conditions that are necessary for the development of her autonomy. We then show that this conception can be confirmed by an analysis of the way sociology makes use of the notion. We focus on the sociology of disaffiliation, social disqualification and domination. Finally, we try to highlight the normative implications of our conception of vulnerability. We argue that neorepublicanism, as developed by Philip Pettit, can help us to define a politics of vulnerability committed to the promotion of the relational and social conditions of autonomy, if we rework it by including in it the major contributions of care ethics and recognition theory.

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