Non monachus, sed demoniacus. : Recherches sur la criminalité au sein des communautés régulières en Occident (France et Angleterre principalement), XIIe-XVe siècle

par Elisabeth Lusset

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Franck Collard.


  • Résumé

    Ce doctorat croise les apports de deux champs historiographiques distincts : l’histoire de la criminalité et de la justice et l’histoire des communautés régulières au Moyen Âge. Il analyse la criminalité interne au cloître, commise par des religieux à l’encontre de leurs confrères du XIIe siècle à la fin du XVe siècle (violence, homicide, vol...). Dans une perspective comparatiste, il s’intéresse aux communautés d’hommes et de femmes, qu’elles appartiennent à un ordre (Cluny, Cîteaux, Prémontré, Chartreux), ou à une nébuleuse moins définie sur le plan juridique, comme les moines adoptant la règle de saint Benoît ou les chanoines réguliers vivant sous la règle de saint Augustin. L’étude embrasse l’ensemble de l’Occident, mais la majorité des cas criminels recensés concernent les royaumes de France et d’Angleterre. L’analyse des pratiques criminelles, du profil des coupables et des victimes, des circonstances et des motivations du crime invite, tout d’abord, à interroger la porosité du cloître aux valeurs de la société laïque médiévale. Cette analyse révèle que les idéaux monastiques exaltant l’humilité, la maîtrise de soi et le primat du pardon entrent parfois en conflit avec la nécessité de défendre son honneur en recourant à la vengeance. Le doctorat étudie, par ailleurs, le fonctionnement d’une justice régulière, qui est à la fois disciplinaire et administrative, pénitentielle et pénale. À partir du XIIe siècle, la correction des criminels dépasse la sphère interne du monastère pour être prise en charge par les instances supérieures des nouvelles structures d’ordre, comme le chapitre général, ou de l’Église (évêques, offices pontificaux). Entre le XIIe et le XVe siècle, se met en place un véritable système judiciaire et pénal. Dans le même temps, si la correction vise à préserver l’intégrité de l’Eglise en évitant le scandale, elle recherche aussi l’amendement du coupable, toujours susceptible d’être absous et réconcilié.

  • Titre traduit

    « Non monachus sed demoniacus ». : Crime in Medieval Religious Communities in Western Europe (mainly France and England) from the Twelfth to Fifteenth Century


  • Résumé

    This thesis weaves together two distinct historiographical strands: research on crime and criminal justice and that on religious orders and communities. It offers an analysis of criminality in the cloister, by examining crimes committed by religious against other religious (forms of violence, homicide, theft…), from the 12th to the 15th century. A comparative framework allowed for a comprehensive study of male and female religious, belonging to orders such as Cluniacs, Cistercians, Premonstratensians and Carthusians or to a less juridically defined communities, i.e. the monks, who followed the rule of St Benedict, or the Regular Canons, who lived according to the rule of St Augustine. The scope is European with a special interest in French and British kingdoms. A study of criminal practices, the profiles of offenders and victims, the circumstances and motivations of the crime reveals the permeability of the monastery to worldy attitudes. Indeed, monastic ideals, which exalt humility, self-control and forgiveness, at times came into conflict with the individual’s desire to defend his/her honour by seeking revenge. Finally, the present study focuses on the way monastic justice operated – which is, simultaneously, disciplinary and administrative, penitential and penal. By the 12th century, monastic delinquents had ceased to be disciplined only by the abbot and were examined and chastised by new monastic authorities of the religious orders (general chapter, definitorium) or by the bishop or the pope. From the 12th to the end of the 15th century, the religious orders and communities developed a judicial and penal system. Nevertheless, if the correctio was aimed at preserving the Church’s integrity by avoiding scandal, it also sought to amend the culprit, whose absolution and reconciliation to community remained the ultimate goal.

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