Le “rhuthmème”, unité phonologique du rythme : hypothèse de l’implication de la fonction vestibulaire

par Patrick Tomatis

Thèse de doctorat en Sciences du langage

Sous la direction de Bernard Laks.

Soutenue en 2011

à Paris 10 .


  • Résumé

    Afin de mieux cerner la notion de rythmicité dans les langues, nous avons cherché à dégager les qualités inhérentes à celle de rythme proprement dit. Se sont trouvés ainsi mis en relief les phénomènes d’accentuation, véritables impulsions qui entretiennent l’ordonnancement d’un mouvement et son maintien dans une durée, la capacité d’anticipation et l’imprégnation de l’habitus. Nous avons ensuite souligné la propriété d’incorporation du facteur rythmique, une spécificité qui le distingue de la notion de mesure, ou de métrique, sur laquelle il pose son organisation, en tant qu’acte générateur. Nous poserons, pour de multiples raisons, que la fonction vestibulaire constitue le vecteur principal de l’incorporation de cet acte. Dans le domaine du langage, l’application de cette hypothèse du rythme comme acte générateur conduit à légitimer, pour un même locuteur, des variations légères dans ses productions langagières. Nous avons forgé le terme “rhuthmème”, ou unité phonologique du rythme, pour représenter la classe correspondant à l’ensemble des réalisations rythmiques bien formées pour une langue donnée. Nous avons vérifié l’exactitude de nos hypothèses avec des expériences sur la perception tactile et/ou auditive de la parole, en prenant neuf langues qui couvrent les différentes classes rythmiques reconnues. Les sujets, choisis pour leur oreille musicienne et la diversité de leurs langues maternelles, accomplissaient une tâche de tapping synchronisée sur le rythme “ressenti”. Nous présentons également quelques expériences-pilotes avec le test VEMP qui nous encouragent dans notre hypothèse de l’implication de la fonction vestibulaire dans la perception-production du rythme.

  • Titre traduit

    “Rhuthmem”, phonological rhythm unit : hypothesis for vestibular function involvement


  • Résumé

    In order to better understand the notion of rhythmicity in languages, we tried to determine the inherent qualities of rhythm itself. The phenomena of accentuation, whose real impetus maintains movement sequencing and duration, as well as the capacity of anticipation and impregnation of the habitus, are thus highlighted. We then emphasized the property of incorporating the rhythmic factor, a unique characteristic that distinguishes the concept of measurement, or metric, on which its organization rests, as a generating act. For many reasons, we postulate that vestibular function is the primary vector for the incorporation of this act. In the realm of language, the application of this hypothesis, rhythm acting as generator, tends toward legitimizing slight variations in the same speaker’s linguistic productions. We have coined the term "rhuthmem", or phonological unit of rhythm, to represent the class corresponding to the overall, well-formed rhythmic production for a given language. We verified the correctness of our hypotheses with experiments on tactile perception and/or hearing the speech, taking nine languages that cover various recognized rhythmic classes. The subjects, chosen for their musical ear and the diversity of their native languages, performed a task of tapping in sync with the rhythm ‘felt’. We also present some pilot experiments with the VEMP test that encourage us in our hypothesis regarding the involvement of vestibular function in perception-production rate.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (378 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.331-374 - Index

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  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T11 PA10-097
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