Battiti di città : Esperienze di co-produzione dello spazio urbano

par Daniela Anna Festa

Thèse de doctorat en Géographie

Sous la direction de Colette Vallat et de Marina Faccioli.

Soutenue en 2011

à Paris 10 .

  • Titre traduit

    Battements de ville : Expériences de co-production de l’espace urbain


  • Résumé

    Cette recherche se propose d'examiner, dans un optique transcalaire, des expériences de budget participatif effectuées dans deux arrondissements romains sous l'impulsion des politiques régionales. Les expériences sont examinées en termes à la fois de politiques urbaines et de processus de mobilisation de la société civile et des pratiques socio-territoriales qui s'inscrivent dans la vie quotidienne. La recherche qui a bénéficié des théories issues de la géographie politique de la ville, s’insère de manière plus cohérente dans le débat développé en France et plus récemment en Italie au sein de la géographie sociale pour la méthodologie interdisciplinaire adoptée, pour la place accordée au travail sur le terrain et au rôle du chercheur. Le champ de l'enquête se concentre sur l'impact de la participation active des citoyens dans la co-production des politiques urbaines. Avec le concept de co-production, je fais référence autant aux processus de construction de sens résultant de l'échange des perceptions et des représentations qu’ aux changements d'utilisation et d’attentes dont les espaces et les politiques de proximité sont investis suite aux expériences de participation directe des citoyens aux choix publiques. L’échelle de l'enquête se situe à l’échelle intra-urbaine. Le choix de cette échelle répond à une double question thématique et méthodologique. Toutefois, une analyse de l'expérience a donné lieu à de nombreux changements d’échelle, pour analyser des formes d'agrégation spontanée au niveau du quartier, qui interagissaient fortement avec le déroulement des processus, et pour mettre en perspective les politiques plus larges qui se situaient en rapport de synergie ou d’antagonisme significatif avec les expériences en objet. La recherche, menée en équipe pluridisciplinaire, s’est concentrée en particulier sur l’analyse des modalités d’interaction entre savoirs et pouvoirs divers mobilisés autour des deux expériences. Notre première hypothèse concerne la posture du chercheur. Un des traits majeurs de la géographie sociale est la nécessite d’envisager comme suite naturelle de l’action de recherche l’impulsion vers un changement visant l’équité socio-spatiale. Cette impulsion peut se concrétiser comme un apport critique ou, dans le long terme, dans la formation professionnelle. Toutefois, en accord avec la mutation du cadre global, avec la compétitivité croissante entre recherche public et secteur prive et avec l’urgence d’une changement radical des modèles qui règlent la ville (cas de Rome), nous avançons l’hypothèse que la méthode de recherche-action participée peut constituer une modalité d’interaction entre science et société particulièrement pertinente pour les thématiques concernant la co-production de la ville. Sur le plan thématique, nous avançons l’hypothèse que le développement d’un modèle (variable, adaptable et implémentable) d’interaction entre les acteurs, leurs besoins, leurs savoirs, est indispensable pour réaliser un projet urbain démocratique et durable en rupture avec un modèle de négociation éminemment politique et avec une model technocratique élitiste et dépassé. Le modelé de recherche-action proposé s’est étendu, sur le terrain, de la diffusion territoriale aux stratégies de consultation et d’évaluation multi-acteurs des propositions citoyennes en faisant face progressivement aux interrogations majeures de la pensée sur la démocratie participative : de la création du « microcosme représentatif » des intérêts en jeu à la garantie de transparence et de prise de parole paritaire par les citoyens, de la circulation des divers savoirs mobilises aux modalité de codécision, jusqu’à l’accompagnement vers des formes stables de participation. Les conclusions qui émergent sont orientées vers un examen critique de ces expériences. La réalisation d’un processus techniquement correct de co-production de connaissances et du projet urbaines permet un avancement des questions en débat et une réappropriation collective des problématiques territoriales, le rôle des institutions de proximité reste, d’autre part, encore incertain et ambigu. Par contre, ces expériences, réaffirment la capacité d'auto-organisation des romains et l'importance des processus de reterritorialisation comme pratiques possibles de résistance à des modèles de développement chaotiques, hétéronomes et éminemment spéculatifs.

  • Titre traduit

    City Beats : Co-producing urban space


  • Résumé

    This research project employs a cross-scale approach to examine experiences concerning participatory budgets in two districts of Rome promulgated through regional policy. The experiences are examined in terms of both urban policy and processes of mobilisation of civil society and socio-territorial practices that form part of the fabric of daily life. The project, which draws upon theories belonging to urban political geography, is in fact closer to the debate initiated in France, and more recently in Italy, in the domain of social geography as regards the interdisciplinary methods used, the relative importance of field work, and the role of the researcher. The field of enquiry focuses on the impact of active participation by citizens in the coproduction of urban policy. In this study, the notion of coproduction refers equally to processes involving the construction of meaning that results from the exchange of views and representations, and to changes in use and expectations concerning spaces and local policy that arise following experiences of direct citizen participation in public decision-making. The enquiry deliberately encompasses an intra-urban scale on both thematic and methodological grounds: however, analysis of the experience led to numerous changes of scale, accommodating investigation of forms of spontaneous aggregation within quarters of the town, which displayed a strong interaction with the conduct of the processes in question, but also of more wide-ranging policies displaying either significant synergy or conflict with the experiences in question. The research, which was conducted by a multidisciplinary team, concentrated in particular on analysis of the modes of interaction between the various levels of knowledge and power mobilised within the two experiences. Our initial hypothesis concerns the position of the researcher. A key trait of social geography is the need to view a desire for change in favour of socio-spatial equity as a natural consequence of research. This desire may take the form of critical input, or in the long term, professional training. However, in accordance with shifts in the general framework, with increasing competition between research and the private sector, and with the urgent need for a radical change in the prevailing models for the town (in the case of Rome), we postulate the hypothesis that the research-participatory action method may constitute a mode of interaction between science and society that is of particular relevance for the themes concerning urban co-production. Regarding themes, we suggest that it is vital to develop a model (variable, adaptable and readily usable) of interaction between the various actors, their needs and their expertise, in order to ensure a democratic and sustainable urban project, in contrast with both the model based on predominantly political negotiation and the outmoded and elitist technocratic model. The proposed research-action model ranged in the field from territorial diffusion to multi-actor strategies of consultation and evaluation of citizens' proposals, with a gradual increase in consideration of the core issues of participatory democracy: from the creation of the "representative microcosm" of interests involved to guarantees of transparency and of an equal say for citizens, from the circulation of the various levels of expertise implicated in the joint decision-making process through to accompaniment towards stable forms of participation. The conclusions emerging from this study point towards a critical examination of these experiences. The creation of a technically acceptable process of coproduction of knowledge and of urban projects allows questions to be interjected into the debate as well as the assumption of local responsibility for territorial policy, although the role of local institutions continues to be uncertain and ambiguous. However, these experiences reaffirm the capacity of Roman citizens for self-organisation and the importance of territorial planning processes as a potential means of resistance to chaotic, heteronomous and highly speculative models of urban development.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (303, 49 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.215-222

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  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : T11 PA10-094
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