Matière et couleur dans la peinture pariétale romaine de la fin de la République

par Maud Mulliez-Tramond (Mulliez)

Thèse de doctorat en Histoire et archéologie des mondes anciens

Sous la direction de Agnès Rouveret et de Irene Bragantini.

Le président du jury était Anne-Marie Guimier-Sorbets.

Le jury était composé de Agnès Rouveret, Irene Bragantini, Anne-Marie Guimier-Sorbets, Lucia Faedo, Philippe Jockey.

Les rapporteurs étaient Lucia Faedo, Philippe Jockey.


  • Résumé

    L’art décoratif qui émerge à la fin de la République romaine sous la forme du trompe-l’œil architectural est fascinant par la technicité nouvellement éprouvée pour représenter un espace tridimensionnel. La perspective y est une composante majeure mais elle est assistée par d’autres innovations tout aussi essentielles. La connaissance de l’impact lumineux sur la matière et la capacité à suggérer les volumes contribuent efficacement aux exigences de la mimesis. D’autres usages picturaux restent mystérieux et leur fin se dérobe à nos regards trop jeunes de deux millénaires.La diversité et la richesse des matériaux rassemblés dans ces décors inspirés de plusieurs univers s’apparentent à la notion de varietas ou poikilia, ce goût délibéré pour la bigarrure. Pierres précieuses et métaux brillants, bois exotiques, écailles de tortues et ivoire, textile lourd et verre translucide y rivalisent avec la multitude des marbres polychromes imaginaires ou d’origine souvent lointaine. La valeur signifiante de ces parois imagées passe aussi par la distribution des couleurs – austeri ou floridi d’après la classification de Pline l’Ancien. Les lamentations de l’architecte passéiste Vitruve comme ses prescriptions pragmatiques nous permettent de saisir quelques aspects de la polysémie des couleurs. Souvent multiples par la combinaison d’éléments juxtaposés ou mêlées en une surface multicolore, elles daignent parfois endosser modestement le monochrome pour orner avec élégance une salle entière.La singularité de ce système décoratif appelé IIe style est accentuée par le fait qu’il apparaît subrepticement à l’aurore du Ier siècle avant notre ère pour disparaître tout aussi furtivement, avant même le trépas de ce siècle, avec l’émergence du nouveau langage visuel de l’art augustéen.

  • Titre traduit

    Matter and Colour in Wall Paintings from the End of the Roman Republic


  • Résumé

    A new decorative art appears at the end of the Roman Republic: the architectural trompe-l'oeil. The new techniques used to represent the three dimensions of space are fascinating. Perspective is the major one, but other complementary innovations are just as essential. The perfect command of how light impacts on matter and the ability to suggest volumes efficiently meet the requirements of the mimesis. Certain other painting techniques however still remain mysterious to us after two thousand years.The diversity and magnificence of the materials gathered in these decors inspired from several sources evoke the concept of varietas or poikilia (the deliberate preference for the multi-coloured). Precious stones and shiny metals, exotic woods, tortoiseshells and ivory, heavy textile and translucent glass rival the multitude of polychromatic marbles either imaginary or often coming from far away. The meaning of these painted walls is also expressed through the distribution of colours - austeri or floridi according to Pliny the Elder's classification. Conservative Vitruvius' lament as well as his pragmatic advice enable us to understand some aspects of the colours' polysemy. Often multiple through the combination of various elements either side by side or mixed together, forming a multi-coloured area, they sometimes modestly condescend to monochrome and elegantly decorate a whole room.This decorative art is all the more singular that it appears furtively at the dawn of the first century and disappears as furtively even before the end of that same century, with the emergence of the Augustan art as a new visual language.

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