Le canon de Scanderbeg au coeur du coutumier albanais

par Xhyher Mecorrapaj - Cani (Mecorrapaj)

Thèse de doctorat en Histoire du droit

Sous la direction de Jean-Pierre Poly.

Soutenue le 26-01-2011

à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences juridiques et politiques (Nanterre) .

Le président du jury était Aram Mardirossian.

Le jury était composé de Jean-Pierre Poly, Aram Mardirossian, Sophie Démare-Lafont, Attila Pokecz-Kovacs, Laurent Aynès, Nathalie Kalnoky.

Les rapporteurs étaient Sophie Démare-Lafont, Attila Pokecz-Kovacs.


  • Résumé

    Le Canon de Scanderbeg n'est libellé ni proclamé par aucun organe législatif ou exécutif de l'État, il n'est décrété par aucun monarque et n'est imposé par aucun envahisseur : le droit coutumier est né de la nécessité de régler la vie des communautés rurales sur le plan judiciaire en l’absence de lois.Un rôle important y est accordé aux Anciens dans la gestion de la vie de la communauté rurale. Jusqu’à la création de l'État albanais, les us et les coutumes ont fonctionné comme des organes régissant les rapports entre personnes, entre membres d’une famille, d’une tribu, d’une région et entre les régions.Au fil du temps, ils sont devenus des normes, donnant naissance au droit coutumier albanais. L'évolution du droit coutumier non écrit s'est reflétée au cours des siècles dans les normes coutumières.Le Canon de Scanderbeg est conçu comme une unité organique comportant des éléments convergents et divergents avec les autres Canons. Cette diversité y a été représentée en une mosaïque de nuances définies en termes spécifiques.Le coutumier de Scanderbeg est riche en normes qui embrassent plusieurs aspects de la vie du peuple ; leur diversité témoigne de l'ancienneté de son usage.Bien qu’il offre l’aspect d’une unité organique indépendante, le Coutumier de Scanderbeg, au même titre que les autres coutumiers du peuple albanais, se rattache d'une part à une plus grande unité et d'autre part se subdivise à son tour en plusieurs subdivisions plus petites.Il confirme l’idée que les différents coutumiers du peuple albanais ont un grand nombre de points de contact entre eux ; cela justifie la thèse de l'existence d'un patrimoine commun comme une unité plus haute, que l'on peut appeler le droit coutumier du peuple albanais.Le Canon de Scanderbeg est donc considéré comme un corpus juris appliqué jusqu'à une période récente dans les régions placées sous la domination des Kastriotes, en particulier les régions de Mat, Krujë, Dibër, Kurbnesh, Bendë, Tamadhë et Martanesh.Le Canon de Scanderbeg comprend 225 pages ; il est reparti en 7 parties, 33 chapitres, 241 articles et 3534 paragraphes. Cette œuvre traite de l'organisation de la vie en famille, des droits et des devoirs de ses membres, des règles concernant le domicile et le patrimoine, du droit au patrimoine et à l'héritage, de la division de la famille, de la vente et l'achat d'une maison, des institutions de l'hospitalité et de la parole donnée, de l'organisation et de la cohabitation au niveau du voisinage et au niveau régional.Elle évoque aussi la hiérarchie et le fonctionnement de la vie au sein de la famille, de la tribu, du village, de la bannière, de la région, ainsi que des droits et des devoirs de l'individu et de la collectivité. Les normes coutumières de la vendetta, de la justice privée, des institutions, des garanties, du serment et de la réconciliation font l’objet de chapitres particuliers. On y trouve aussi des normes qui définissent la position des institutions religieuses, de l'église et de la mosquée.

  • Titre traduit

    The Canon of Scanderbeg in the heart of Common law


  • Résumé

    The research on the canon law is an important aspect of the study of the history of Albanian people, particularly of their culture. Its evolution over the centuries has also been expressed in unwritten norms, inherited generation after generation, which reflect the socio-economic situation of different regions during the past periods and which in Albania were given the name of Greek-Byzantine origin”kanun” (canon).We know the Canon of Scanderbeg, the Canon of Dukagini, the Canon of Malsia e Madhe and of the Laberia. As early as the beginning of the XIXth century in the context of the research on the research on the Albanian history, language and culture, the first studies undertaken by foreign albanologists on the ethnocultural traditions became apparent.Among them, there were travelers and diplomats, as; Lik, Pukvil, A. Bue, Hekard, who fokuced genuine on the customary law. By the middle of the 19tth century an important step was made in this direction by the Austrian consul J.G Han who made known to the scientific world, the customary law and its institutions, the ancient character of which, as he pointed and was closely linked which the origin of the Albanian people.Han made an introduction of the law of the Mountains of the Canon of Scanderbeg which operated in Mat and Diber. In this wide territory lay in the past the principality of the Kastriots, whose memory, besides the documents is also preserved in numerous legends and toponyms, which Albanian people devoted to Scanderbeg. In this territory there exists a very detailed variant of the Canon, which Albanian people call the Canon of Scanderbeg. This canon contains similar fundamental principles of canonical law, but in the traces of its development, we also come across alien influences, especially those of the Sheriat.

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