Le corps, laboratoire de soi et du monde. Anthropologie d’un réseau de danseurs de butô a Kyôto

par Cécile Iwahara

Thèse de doctorat en Anthropologie

Sous la direction de Laurence Caillet.

Le président du jury était Michael Houseman.

Le jury était composé de Laurence Caillet, Michael Houseman, Michael Lucken, Georgiana Wierre-Gore, Christian Biet, Kazuhiko Yatabe.

Les rapporteurs étaient Michael Lucken, Georgiana Wierre-Gore.


  • Résumé

    Danse d’avant-garde, le butô est né au Japon dans les années 1950 d’une hybridation d’avant-gardes artistiques européennes et de formes scéniques populaires japonaises. Naguère plus connu dans les pays occidentaux qu’au Japon, alternativement tenu pour une forme de danse contemporaine ou un art typiquement japonais, le butô fait depuis une dizaine d’années l’objet d’une revalorisation au Japon. À partir de l’ethnographie d’un réseau de danseurs de butô à Kyôto, la présente étude explore les manières dont, dans un contexte de globalisation communément associé, au Japon, à une crise morale, sociale et économique, ils font du corps tout à la fois la matière, l’outil et le foyer subjectif d’une transformation de soi et du monde. L’étude rend compte des imbrications et des interprétations mouvantes de notions constamment invoquées : la singularité, l’universalité et la japonéité. Ainsi, l’un des principes fondateurs du butô, le « corps en déclin », autrefois mis en scène dans un esprit de contestation d’une société « moderne et capitaliste », apparaît aujourd’hui comme une quasi-métaphore d’un pays lui-même déclinant. Un autre principe, une mobilisation du bassin induisant l’ancrage dans le sol, associé par les danseurs à des valeurs asiatiques, tend à le supplanter. L’étude s’attache ainsi à décrire, dans les gestes mêmes, comment l’incessante recréation des valeurs fondatrices du butô sous-tend à la fois des aspirations à transformer le politique et un questionnement éminemment intime : la frontière entre la vie et la mort.

  • Titre traduit

    The body, a laboratory of self and the world – anthropology of a butoh dancers network in Kyôto


  • Résumé

    Butoh avant-garde dance, as an art form originally emerged in Japan at the end of the 1950s, is a result of the crossover between avant-garde European artistic movements and Japanese popular scenic traditions. Until recent years, more widespread in western countries than in Japan itself, alternatively viewed either as a contemporary dance form or again as typical of Japanese art, Butoh has within the ten last years been subject to strong local reappraisal. Through an ethnography of a Butoh dance network based in Kyôto, this study aims to explore how, through their practices and in a context of globalization in Japan commonly associated with moral, social and economic crisis, the dancers make of the human body simultaneously the material, the instrument and the subjective locus of a transformation of the self and world. This study analyzes the constantly mobile intrications and interpretations of certain continuously recurrent notions : singularity, universality and japaneseness. Thus, one of the essential principles of Butoh, the “declining body”, formerly claimed in a spirit of protest against “modern capitalist society” has today morphed into a quasi-metaphor for a country in decline. This principle is tending to be superseded by yet another, a mobilization of the pelvis, indicating a rootedness of the body in the soil, associated by the dancers with Asian values. The study thus engages with the description of how, through their very gestures, the unceasing recreation of fundamental Butoh values underpins both aspirations for the transformation of the political arena and a supremely intimate questioning of the self, at the frontier between life and death.

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