Le maintien institutionnel comme travail de justification : le cas de l'industrie de la notation du crédit

par Benjamin Taupin

Thèse de doctorat en Sciences de gestion

Sous la direction de Isabelle Huault.

Soutenue en 2011

à l'Université Paris-Dauphine .


  • Résumé

    Le travail institutionnel de maintien n’a été que rarement étudié dans les analyses néoinstitutionnelles. Nous proposons d’instruire cette notion grâce à l’étude empirique de la notation de crédit. L’industrie de la notation de crédit est le lieu d’un paradoxe qui tient à l’opposition entre la vigoureuse résistance dont elle fait la preuve alors qu’elle est dans le même temps fortement critiquée. En nous basant sur l’approche des économies de la grandeur de Boltanski et Thévenot, nous procédons à l’analyse du travail institutionnel de justification réalisé par les acteurs lors des consultations publiques menées par la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine au cours de la décennie 2000-2010. Une étude qualitative de 340 commentaires a été réalisée à l’aide d’un codage assisté par le logiciel NVivo. L’analyse indique que les controverses ont permis la réaffirmation des principes de légitimité en vigueur, empêchant en pratique toute modification du statu quo. Lors de cette période, nous distinguons un premier travail de maintien résidant en une confirmation simple de l’existant, et un processus de maintien plus complexe et dynamique au cours duquel des logiques multiples sont agencées d’une manière entraînant la réaffirmation des principes de légitimité en vigueur et le rejet de toute logique étrangère au compromis en place. Le paradoxe de la notation de crédit précédemment établi doit donc être reconsidéré : la contestation de la notation nourrit précisément le maintien institutionnel dans l’industrie. Dans sa stabilité, il faut donc ici concevoir l’institution comme étant indissociable de sa contestation

  • Titre traduit

    Institutional maintenance as a work of justification : case study of the credit rating industry


  • Résumé

    The work of maintaining institutions has been barely studied by neo-institutional analysis. We propose to enrich this notion thanks to the empirical study of credit rating. The credit rating industry is characterized by a paradox that lies in the opposition between the permanence that comes with this phenomenon while it is strongly criticized. Based on the approach of Boltanski and Thévenot’s economies of worth, we carry out an analysis of the institutional work of justification performed by the actors at the time of the public consultations led by the American Securities and Exchange Commission (SEC) during the 2000-2010 crisis of justification. A qualitative analysis of 340 comments was conducted using NVivo software. The analysis indicates that the controversies permitted a reaffirmation of the established legitimacy principles, impeding any actual modification of the status quo. During the considered period, we distinguish between a first work of maintenance, lying on a simple confirmation of what actually is, and a process of maintenance much more complex and dynamic, in which various logics are put together in a way that leads to the reaffirmation of the effective legitimacy principles and to the rejection of any logic not involved in the compromise. The previously enounced paradox of credit rating shall therefore be reconsidered: the contestation of rating is precisely fueling the institutional maintenance in the industry. In its stability, the institution is to be conceived here as inseparable from its contestation

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Informations

  • Détails : 1 vol. (300 p.)
  • Annexes : bibliogr. p. 392-405. Index

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