Réflexivité et anti-érotisme du film sexuel en France (1972-1976) : des auteur(e)s-cinéastes face au genre porno et au mouvement féministe

par Claudine Le Pallec Marand

Thèse de doctorat en Cinéma et audiovisuel

Sous la direction de Claudine Eizykman.


  • Résumé

    Sans que leurs différents (co-)auteur(e)s-réalisateurs/réalisatrices se soient concertés et sans qu’aucun parmi ces derniers ne revendique un genre de film déjà existant, La Maman et la Putain (1973, Jean Eustache), Je tu il elle (1974, Chantal Akerman), Numéro Deux (1975, Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville), La Dernière Femme (1976, Marco Ferreri), Anatomie d'un rapport (1976, Luc Moullet et Antonietta Pizzorno) et Une vraie jeune fille (1976, Catherine Breillat) sont six films tournés en langue française (langue du tournage) entre 1972 et 1976 qui possèdent des caractéristiques esthétiques communes. La valorisation de l'inspiration pornographique, une bande son sans cris et sans musique où les échanges dialogués dominent, l'intégration esthétique du mouvement féministe et le refus manifeste de l'érotisme cinématographique (et du sentiment de concupiscence sensé être produit par la représentation de la sexualité) permettent de réunir ces six films sous le terme de « film sexuel ». Cette expression reprend le néologisme proposé par Luc Moullet en 1969 pour distinguer une nouvelle représentation de la sexualité. La thèse porte sur une décennie peu étudiée du cinéma français, les années 1970, à un moment où l'explosion de la production pornographique, les propos des cinéastes sur l'engagement que constitue pour l'auteur(e)-réalisateur/réalisatrice (-acteur/actrice) la représentation de la sexualité et la poétique de chacun des six films complexifient comme rarement auparavant les catégories usuelles de la pornographie et de l’érotisme dans leurs rapports au domaine cinématographique.

  • Titre traduit

    Reflexivity and fight against eroticism of "sexual films" in France (1972-1976) : (wo)men screenwriter-filmakers in view films and feminist movement


  • Résumé

    Despite a total lack of concertation between their various creators and without discussion of an existing genre, La Maman et la Putain (1973, Jean Eustache), Je tu il elle (1974, Chantal Akerman), Numéro Deux (1975, Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville), La Dernière Femme (1976, Marco Ferreri), Anatomie d'un rapport (1976, Luc Moullet et Antonietta Pizzorno) et Une vraie jeune fille (1976, Catherine Breillat) are six french language films shot between 1972 and 1976 using a common set of esthetic characteristics. The valorisation of their pornographic inspirations, a dialogue laden sound track devoid of screaming and music, the esthetic integration of the feminist movement and the patent refusal of eroticism (along with the feeling of lust intended to be derived from the representation of sexuality) allow these six films to be termed « sexual films». This neologism was first used by Luc Mullet in 1969 to define a new way of representing sexuality. The thesis focuses on a much maligned decade in French cinema, the 1970’s, at a time when the explosion of pornographic production, the notions of the representation of sexuality propagated by the film makers (writers/directors/actors) and the poetry of each of the six films add a level of complexity rarely witnessed within traditional representations of sexuality (pornography and eroticism) prior to this point.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (630, 57-[36]f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 586-630

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 3741/1,2,3
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