L'art du regard en psychanalyse

par Jozef Leysen

Thèse de doctorat en Psychanalysee

Sous la direction de Gérard Wajeman et de Gérard Miller.


  • Résumé

    En quoi la psychanalyse, en tant que pratique clinique et thérapeutique, propose-t-elle un art du regard ? Par art, entendons une techné, un savoir-faire, une habileté issue de l’apprentissage, de la connaissance et de l’expérience. A première vue, la psychanalyse, en tant que clinique qui repose sur l’écoute, n’a pas besoin de se doter d’un art du regard. Celui-ci semble plutôt être l’instrument de la clinique médicale, volontiers visuelle et tactile. Comme Freud se démarquera de celle-ci, en abandonnant progressivement l’inspection physique et les thérapies manuelles, nous nous demanderons si cette démarcation entraînera le rejet du regard comme instrument clinique, le bannissement de l’œil au profit de l’oreille. Nous verrons que l’œil ne sera pas mis à mort ; Il sera doté d’un statut nouveau et paradoxal. Il sera sollicité dans la clinique analytique non plus pour scruter l’organisme, mais pour se pencher sur deux types de productions. Le premier type sollicite la vue, en tant que sens appareillé à un savoir-faire. Il s’agit de savoir voir des éléments signifiants visibles (le spectacle du corps, le symptôme comme événement de corps affiché, les productions picturales et écrites, les photos, le tatouage, les traces de mutilation,…). Le second nécessite une habileté de regard dont peut se doter un aveugle : il concerne les productions imagées comme l’image onirique, l’image verbale, la représentation obsédante, la rêverie diurne, l’hallucination visuelle ou l’apparition. L’art du regard psychanalytique consistera à savoir œuvrer sur ces deux types de matériaux. Ce travail n’aura en aucun cas comme fin l’omnivoyance ou l’omniscience. Le clinicien ne prétendra pas à ces deux pouvoirs, car il sait, de par son analyse et son expérience, qu’un manque à voir et à savoir subsiste toujours, qu’un point aveugle demeure. Ses patients ne lui seront pas transparents : leur énigme, leur opacité garantissent leur part d’intime. Comment trouver une voie de travail entre volonté de voir et acceptation du manque à voir et de l’énigmatique ? Nous avons répondu à cette question par une étude consacrée aux œuvres plastiques et aux écrits de Jules Leclercq (1894-1966), ancien patient de l’hôpital psychiatrique d’Armentières. Cette monographie nous conduira à associer la clinique analytique à une poétique, en tant qu’art qui scrute les traces d’une subjectivité, singulière et souffrante.

  • Titre traduit

    The art of observation in psychoanalysis


  • Résumé

    To what extent does psychoanalysis, when considered as a clinical and therapeutic practice, propose an art of observation? We will define art as know-how, a skill acquired from learning, from knowledge and experience. At first, psychoanalysis, when considered as clinical and based on listening, does not need an art of observation. Observation seems to be an instrument of medical Clinique which is willingly more tactile and visual. As Freud will refute this practice more and more, abandoning little by little physical inspection and manual therapies, we can wonder if this demarcation will lead to the rejection of observation as a clinical instrument, the banishment of the eye for the ear. We will see that it will not be the death of the eye; it will be given a new and paradoxical status. It will be needed for analytical Clinique, not to scrutinize our organism, but to ponder over two types of production. The first type calls upon sight, considered as a sense linked to know-how. It is about knowing how to see significant visible elements (display of the body, symptom as event of the displayed body, pictorial and written productions, photographs, tattoo, signs of mutilation,…) The second requires a capacity of watching that a blind person could acquire. It concerns imaged productions, such as dreamlike image, verbal image, obsessive representation, daytime dreaming, visual hallucination or apparition. The art of the psychoanalytical look will be how to work with these two types of materials. Neither omniscience nor omnivoyance will be the aim of this work. The clinician cannot pretend he/she controls these two powers because he/she knows - through his analysis and experience - that a lack of vision and knowledge, a blind spot exists. His/her patients will not be translucent: their enigma, their opacity will guarantee their intimacy. How can we find a path between the willingness to see and the acceptance of our lack of vision? We answered this question in a study on Jules Leclercq’s plastic art works and writings. Jules Leclercq (1894-1966) was a former patient in Armentières’s psychiatric hospital. This monograph will encourage us to associate clinical analytics with poetics, as a form of art that prospects a singular and suffering subjectivity.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (372 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 358-365

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 3694
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