Ricardo Rojas - hacer la nación : diálogos posibles entre el nacionalismo y la democracia

par Graciela Liliana Ferrás

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Horacio González et de Patrice Vermeren.

Soutenue en 2011

à Paris 8 en cotutelle avec l'Université de Buenos Aires .


  • Résumé

    Habituellement, les études portant sur le système d’idées nationalistes de Ricardo Rojas ont tendance à le cataloguer dans ce que l´on décrit comme le “premier nationalisme argentin” ou de “nationalisme culturel”, au coté de Manuel Gálvez et Leopoldo Lugones. Néanmoins, à la différence de ses pairs, le nationalisme de Rojas introduit le territoire comme principal soutien symbolique et matériel du lien social. La possibilité d´approfondir l’étude de la pensée nationaliste de Ricardo Rojas dans la perspective de la science politique et plus spécifiquement de la théorie politique et sociale permet de comprendre le nationalisme comme un élément intégrateur des masses d´émigrants en général. Ricardo Rojas est l´un des premiers, si ce n´est le premier, intellectuels à soutenir une théorie de l´identité nationale qui récupère en héritage la diversité des cultures précolombiennes, se distinguant ainsi de celle contenue dans la phrase: “les argentins sommes une race de blancs et de culture européenne”. La majorité de la critique n´a pas réalisé que son oeuvre, prisonnière de la paradoxale construction de l´identité argentine, oscille entre une notion hétérogène ou hybride de la communauté et une tendance organiciste qui prétend suturer une homogénéité culturelle à partir de l´image de la terre comme un « creuset des races », dans lequel toutes les différences ont tendance à disparaître. Dans son parcours, cette thèse prétend naviguer aux limites de cette oscillation, pénétrer dans cette tension et démontrer que, malgré l´emphase mis sur la fusion des contraires pour la création d´une “nouvelle unité”, ce paradigme d´homogénéité culturelle n´est ni monolithique ni clos. Bien au contraire, il aspire à un syncrétisme ou consensus, étant donné que les logiques d´inclusion et d´exclusion qui autorisent l´idée du territoire comme fondement de la nation font de celle-là même un projet aussi inachevé que celui de démocratie. Pour construire le parcours de cette hypothèse de lecture , je suis partie de trois questionnements: 1) la tension entre la communauté hétérogène (démocratie) et la tendance à la fusion culturelle (métaphores organiques) 2) les influences sur sa pensée du regénérationnisme espagnol du ‘98 , de la science politique et de la 6 psychologie française en contrepoint de l´influence de la philosophie allemande 3) la catégorie du nationalisme comme idéologie territoriale en ce qu’elle s’écarte théoriquement des caractéristiques du nationalisme culturel. Dans sa représentation de l´univers national, Ricardo Rojas exprime un désaccord: la nation est “disloquée” entre le concept ou le rôle de ce qu´elle “devrait être” (peuple, nous, unité ethnique–race, langue, culture) et ce qui est une hétérogénéité sans fondement ethnique, culturel et linguistique en tant qu´“ensemble national”. La nation ne peut être autre chose qu´une oscillation entre différence- unité, entre la communauté hétérogène de l´alter et le besoin de fusion de ces composants en une communauté homogène qui, dans son mouvement pendulaire, ne suture jamais. En conséquence, l´identité, en tant que telle (nationale), est toujours inachevée, ce qui permet l´assimilation de n´importe quel nouvel élément, c’est là que se trouve sa force et également sa faiblesse. Des outils, de possibles notes, surgissent de cette analyse pour une théorie politique américaine, que l´on peut organiser selon un certain nombre d´idées-axes: 1) La relation entre son concept de “moi collectif” et sa lecture de l´histoire argentine comme oscillation entre la démagogie et le despotisme. 2) Son idée de répartition géographique de la fonction électorale en relation avec la structure pyramidale qu´il [Ricardo Rojas] développe pour l´organisation de l´Alianza en la Nueva Generación, inspirée de la réforme universitaire de ‘18. 3) La construction pionnière d´un indigénisme qui, comme beaucoup l´ont critiqué, ne s´intéresse pas à la représentation et à l´expression de la voix des communautés indigènes, mais est en revanche prompt à porter un regard ethnologique et sociologique qui met l´accent sur l´adéquation de l´art de gouverner avec la réalité américaine et non avec l´importation de modèles politiques et de lois étrangères; tradition qui débuta avec José Martí. En croisant ces trois axes de construction d´une théorie politique américaine avec les textes qui composent la “philosophie de l´argentinité” on arrive à un nationalisme basé sur une dialectique de l´inclusion. Un nationalisme atypique, et sa conséquente idée de “nation », pensé pour des sociétés hispano américaines hétérogènes. Apparaît donc la possibilité de penser l´identité avec la nation à partir d´une expérience 7 collective et démocratique. La synthèse de l´ébauche de cette théorie politique américaine proposée, selon nous, par Ricardo Rojas est développée dans le modèle d´une société de germination comme alternative au modèle de société greffée qui émerge de la génération du ’37, en particulier de Sarmiento et Alberdi, et qui jeta les bases de l´organisation de l´Etat national menée à bien par la génération du ’80. Le modèle de germination permet de penser une identification avec la terre, la nation américaine, aussi bien depuis l´ethnie (les indigènes) que depuis l´émigrant, c´est l´image de aire racine (processus d´enracinement). Si le processus de greffe superpose une société sur l´autre, celui de germination est perméable au procès de métissage tout en pensant l´habiter/ habitat comme une énergie active et transformatrice, s´écartant de la logique binaire du supérieur/inférieur. Ricardo Rojas propose un nationalisme à la mesure d´une société hétérogène, la voie pour l´unification et l´identification d´une société d´émigrants avec un territoire et un continent. Qu´il soit viable ou non, c´est un autre problème, mais il est, intrinsèquement, un point de départ pour une réflexion, étant donné que Rojas propose une herméneutique du national qui inclut l´“autre”, loin des antagonismes irréductibles et des luttes fratricides qui ont marqué l´histoire politique argentine, celle-là même qu´il vécut comme une profonde douleur.


  • Résumé

    Studies on Ricardo Rojas’s nationalistic idea system usually place him inside the frame of what is referred to as “First Argentinean Nationalism” or “Cultural Nationalism”, along with Manuel Gálvez and Leopoldo Lugones. Nevertheless, Rojas’s nationalism differs as it has the territory as main symbolic and material support of the social bond. The possibility of researching Ricardo Rojas’s nationalism from the point of view of Political Science, especially Political and Social Theory, allows to regard nationalism as an element for integration of migratory masses in general. Ricardo Rojas is one of the first intellectuals –if not the first- to propose a theory on national identity centered on the legacy of pre-Colombian cultures, different from the stated as: “Argentineans are of white race and European descent. ” Most of his critics haven’t realized that his work, caught in the middle of the paradoxical conformation of Argentine Identity, oscillates between a heterogeneous or hybrid notion of community and an organic tendency which intends to create cultural homogeneity through a view of the Earth as a “melting pot”, in which all differences tend to disappear. This thesis intends to explore the limits of this oscillation by entering its tension and demonstrate that, despite the emphasis on the fusion of the opposites in order to create a “new unity”, this cultural homogeneity paradigm is neither monolithic nor closed. On the contrary, it aspires to achieve consensus, as both inclusion and exclusion –which enable this idea of the territory as support of the Nation- also make it a project as unfinished as democracy itself. This hypothesis is based on three questions: 1) tension between heterogeneous community (democracy) and the tendency to cultural fusion (organic metaphors) 2) Spanish generation’s of ‘98, Political Science and French Psychology as influential of Rojas’s ideas, as well as their counterpart: German Philosophy. 3) Nationalism as a territorial ideology, contrary to the theory of cultural nationalism. In representing the national universe, Ricardo Rojas expresses an imbalance: the nation is “dislocated” between what it is –a heterogeneous “national collection” 9 which lacks ethnical, cultural and linguistic basis- and what it should be –a people, “us”, an ethnical unit: race, language and culture. The nation cannot be anything but an oscillation between difference and unity, between the heterogeneous community, the alter, and the need for fusion of its components into a homogeneous community which, in its oscillation, never reaches closure. As a result, identity as itself (national) is never finished, which permits the assimilation of any new component and this is where we find its richness as well as its weakness. This analysis arises certain tools, possibly notes for an Latin American Political Theory which can be organized around two basic ideas: 1) The relation between Rojas’s concept of “collective ego” and his interpretation of Argentine History as an oscillation between demagogy and despotism. 2) His concept of geographical distribution of the electoral function related to the pyramid-like structure he develops for the organization of the Alianza de la Nueva Generación, inspired in the University Reform of 1918. 3) The pioneering trace of an “indigenism” which, as many critics have pointed out, is not interested in representing the aboriginal communities, but does have an ethnological and sociological view which insists in adapting the art of government to American reality instead of importing foreign laws and political models; a tradition started by José Martí. In cross-referencing these three axes for the construction of an American Political Theory with the writings that make up Filosofía de la argentinidad, the result is a nationalism based on the dialectics of inclusion. An atypical nationalism, with its consequent idea of a nation for heterogeneous societies. That is, the possibility of visualizing the nation as a democratic, collective experience. What we consider to be Rojas’s proposal of an American Political Theory is summed up in his model of a germination society, as an alternative to the immigration-based one proposed by the generation of ’37, especially Sarmiento and Alberdi, which lays the foundations for the organization of the State carried out by the generation of ’80. The germination model allows for identification with the territory, the Argentina Nation, not only from the ethnical point of view but also from the immigrant’s, as it is the image of settling down, putting down roots. If the immigration process juxtaposes two societies, 10 germination is receptive to mixed races and views the habitat as active and transformational energy, away from the inferior/superior binary logic. Ricardo Rojas proposes nationalism tailor made to a migrating society with a territory and a continent. Whether it is viable or not is another discussion; however, it is in itself a starting point to reflect upon his “Hermeneutics of the National”, inclusive of the ”other”, far from hard-core antagonism and fratricide conflict which marked Argentine History, a History that Rojas sensed as painful.


  • Résumé

    Los estudios sobre el sistema de ideas nacionalista de Ricardo Rojas suelen enmarcarlo dentro del llamado “primer nacionalismo argentino” o “nacionalismo cultural”, junto a Manuel Gálvez y Leopoldo Lugones. No obstante, a diferencia de sus pares, el nacionalismo de Rojas tiene al territorio por principal sostén simbólico y material del lazo social. La posibilidad de indagar el pensamiento nacionalista de Ricardo Rojas desde la perspectiva de la ciencia política y muy especialmente de la teoría política y social permite visualizar al nacionalismo como un elemento integrador de las masas migratorias en general. Ricardo Rojas es uno de los primeros, si no el primer intelectual, en sostener una teoría sobre la identidad nacional que reconoce como legado la diversidad de las culturas precolombinas, y distinta a la contenida en la frase: “los argentinos somos de raza blanca y cultura europea”. La mayoría de la crítica no ha reparado que su obra, presa de la paradójica conformación de la identidad argentina, oscila entre una noción heterogénea o híbrida de la comunidad y una tendencia organicista que pretende suturar en una homogeneidad cultural a partir de la imagen de la tierra como “crisol de las razas”, en la cual todas las diferencias tienden a desaparecer. El recorrido de esta tesis pretende incursionar en los límites de esta oscilación, adentrarse en esta tensión y demostrar que, a pesar del énfasis puesto en la fusión de los contrarios para la creación de una “nueva unidad”, este paradigma de homogeneidad cultural no es monolítico ni cerrado. Contrariamente, aspira a un sincretismo o consenso, pues las lógicas de inclusión y exclusión que permiten la idea del territorio como fundamento de la nación hacen de la misma un proyecto tan inacabado como el de la democracia. Para trazar el camino de esta hipótesis de lectura, partí de tres cuestiones: 1) la tensión entre comunidad heterogénea (democracia) y la tendencia a la fusión cultural (metáforas orgánicas) 2) las influencias en su pensamiento del regeneracionismo español del ‘98 y la ciencia política y la psicología francesas, como contra peso a la 3 influencia de la filosofía alemana 3) la categoría del nacionalismo como ideología territorial para corrernos teóricamente de las características del nacionalismo cultural. En la representación del universo nacional, Ricardo Rojas expresa un desajuste: la nación esta “dislocada” entre el concepto o papel de lo que “debiera ser” (pueblo, nosotros, unidad étnica –raza, lengua, cultura) y lo que es un heterogéneo que carece de fundamento étnico, cultural y lingüístico como “conjunto nacional”. La nación no puede ser otra cosa que una oscilación entre diferencia-unidad, entre la comunidad heterogénea de lo alter y la necesidad de fusión de sus componentes en una comunidad homogénea que, en su movimiento pendular, nunca sutura. Por lo tanto, la identidad como tal (nacional) es siempre inacabada, lo que permite la asimilación de cualquier nuevo componente, aquí radica su riqueza y, en esto mismo, su debilidad. De este análisis se desprenden herramientas, posibles apuntes, para una teoría política americana que pueden organizarse en base a un par de ideas-ejes: 1) La relación entre su concepto de “yo colectivo” y su lectura de la historia argentina como la oscilación entre la demagogia y el despotismo. 2) Su idea de la repartición geográfica de la función electoral en relación con la estructura piramidal que desarrolla para la organización de la Alianza en la Nueva Generación, inspirada en la reforma universitaria del ‘18. 3) El trazo pionero de un indigenismo que, como muchos han criticado, no está interesado en la representación y expresión de la voz de las comunidades aborígenes, pero sí es presto a una mirada etnológica y sociológica que insiste en la adecuación del arte de gobierno en la realidad americana y no en la importación de modelos políticos y leyes foráneas; tradición que empieza con José Martí. Al cruzar estos tres ejes para la construcción de una teoría política americana con los textos que componen la “filosofía de la argentinidad” se obtiene por resultado un nacionalismo basado en una dialéctica de inclusión. Un nacionalismo atípico, y su consecuente idea de ‘nación’, pensado para sociedades heterogéneas hispanoamericanas. Es decir, surge la posibilidad de pensar la identidad con la nación a partir de una experiencia colectiva, democrática. La síntesis del esbozo de esta teoría política americana propuesto, a nuestros ojos, por Ricardo Rojas está 4 expuesta en el modelo de una sociedad de germinación como alternativo al modelo de sociedad de trasplante que emerge de la generación del ’37, especialmente de Sarmiento y Alberdi, y que funda las bases de la organización del Estado nacional llevada a cabo por la generación del ’80. El modelo de germinación permite pensar una identificación con la tierra, la nación americana, tanto desde la etnia (los indígenas) como desde el inmigrante, es la imagen de echar raíces (proceso de enraizamiento, de raizal). Si el proceso de trasplante yuxtapone una sociedad sobre otra, la germinación es permeable al proceso de mestizaje al tiempo que piensa el habitar/ hábitat como una energía activa y transformadora, corriéndose de la lógica binaria de superior/inferior. Ricardo Rojas propone un nacionalismo a la medida de una sociedad heterogénea, el camino para la unidad e identificación de una sociedad de migrantes con un territorio y un continente. Si el mismo es viable o no, es otra cuestión, pero es, en sí mismo, un punto de partida para la reflexión, ya que Rojas propone una hermenéutica de lo nacional que sea inclusiva del “otro”, lejos de los antagonismos irreductibles y las luchas fraticidas que marcaron la historia política argentina, la misma que vivió como un dolor.

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  • Détails : 1 vol. (358-[46] f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 342-358

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 3601
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