Poïétique et musicalité : vers une modélisation de la poétique musicale autour du Symbolisme français

par Verônica Estay Stange

Thèse de doctorat en Langue et littérature françaises

Sous la direction de Denis Bertrand et de Raúl Dorra.

Soutenue en 2011

à Paris 8 .


  • Résumé

    Postulant l’hypothèse de la musicalité comme principe d’organisation des œuvres d’art et de la perception esthétisante (poïétique), cette recherche propose une modélisation sémiotique du paradigme musical qui traverse le Romantisme allemand, le Symbolisme français et le formalisme artistique de la fin du XIXe siècle. La musicalité est d’abord rattachée à l’épistémè des « correspondances » (verticales, horizontales, enchâssées et obliques) qui, dans la Naturphilosophie romantique, déterminent des modes particuliers d’agencement de la signification. Chacun de ces régimes se trouve associé à un motif mythique et à une manifestation spécifique de la musique. Le concept de musicalité est ensuite approfondi en tant qu’opérateur transversal des arts (poésie, peinture, musique), à partir de l’étude de la poétique symboliste. Un modèle est alors proposé qui, de la structure à la tensivité et à la subjectivité de l’acte énonciatif, met en évidence la « profondeur » générative du sensible musicalisé. L’hypothèse générale de ce travail permet enfin de relire sous un éclairage nouveau les œuvres d’écrivains et de théoriciens oubliés qui, à partir de la musique, ont contribué à l’avènement de l’art abstrait : Charles Beauquier, Maurice Griveau, et surtout Jean d’Udine. Surmontant les apories qui sous-tendent les excès formalistes, ces auteurs proposent une ouverture vers la non-figurativité par plongée dans le sensible. La recherche se conclut ainsi par une sémio-phénoménologie de la musicalité.


  • Résumé

    Approaching musicality as organizing principle of work of art and of aestheticising (poietical) perception, this research proposes a semiotic model based upon the musical paradigm that intersects German Romanticism, French symbolism and artistic formalism of the late 19th century. Musicality is initially associated with the episteme of "correspondences" (horizontal, vertical, fitted and oblique) which involve in the Romantic Naturphilosophie particular ways of organizing meaning. Each of these correspondences is related to a particular mythical motif and to a specific manifestation of music. Coming to Symbolist poetics, the concept of musicality is then analyzed as a transversal operator among the arts (poetry, painting, music). A semiotic model is suggested that goes up from the structure to the tensivity and to the enunciative activity, showing the generative “depth” of musicalised sensibility. Finally, the general hypothesis of this work enables a rereading of the forgotten writers and theoreticians who, based upon music, contributed to the emergence of abstract art: Charles Beauquier, Maurice Griveau, and most of all Jean d’Udine. Solving the aporias that underlie in the formalist tendencies, these authors proposed a conceptual way towards nonfigurative art by exploring the sensitive universe. Therefore, the research concludes with a semio-phenomenology of musicality.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (552 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 515-535. Index

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
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  • Cote : TH 2998
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