Le poète en personnes : Mises en scène de soi et transformations de l'écriture chez Blaise Cendrars, Guillaume Apollinaire et Max Jacob

par Alex Dickow

Thèse de doctorat en Lettres modernes

Sous la direction de Christian Doumet et de Derek Schilling.

Soutenue en 2011

à Paris 8 .


  • Résumé

    Cette thèse analyse les enjeux de la diversification des styles et des représentations du poète chez trois écrivains, Blaise Cendrars, Max Jacob et Guillaume Apollinaire. L’essentiel du corpus s’étend de 1912-1919, soit les années de guerre et l’immédiat avant- et après-guerre. La carrière de ces trois poètes prend alors son envol; ce sont des initiateurs de l’avant-garde poétique postsymboliste. L’une des caractéristiques saillantes de leur démarche est de multiplier les représentations de soi souvent divergentes ou contradictoires, accompagnées d’autodérision et/ou d’autopromotion hyperboliques, de porte-parole fictifs ou de transformations stylistiques importantes. Cela va à l’encontre d’une tendance à l’effacement du poète dans la poésie moderne et contemporaine. Mais les deux phénomènes d’effacement et de mise en scène excessive, témoignent d’une même interrogation sur la place du poète dans la société et du monde extérieur à l’art. Face au poème, poser la question « qui parle? » revient à demander à quel titre il parle, de quel droit, depuis quelle position: affaire de valeur et de légitimité. Pour peu que le poète n’ait plus de rôle social ou symbolique clair, il peut se retirer de son poème sous prétexte que la particularité de son existence n’a aucune pertinence, – ou bien profiter de l’indétermination de son statut pour jouer les rôles qui lui plaisent; mage, oracle, soldat, paria, etc. Jacob, Apollinaire et Cendrars optent pour ce jeu de masques qui témoigne à la fois d’une inquiétude – le poète n’a-t-il plus aucune place? – et d’une aspiration à l’universel: parler enfin pour tous – en devenant chacun tour à tour.


  • Résumé

    This dissertation examines the diversification of styles and representations of the poet in the work of three writers, Blaise Cendrars, Max Jacob and Guillaume Apollinaire. The works studied extend from 1912 to 1919, from before to immediately after World War I, when these poets would establish their careers as initiators of the post-Symbolist avant-garde. Their work exhibits proliferating and often contradictory presentations of the poet, often assigned to fictional speakers, hyperbolically self-deprecating and/or self-glorifying, and displaying disorienting shifts in style and technique. These self-presentations run counter to a crucial trend in modern and contemporary poetry, in which the figure of the poet tends to disappear. Yet self-effacement and excessive self-display both bear witness to the same questioning of the poet’s place in society and the world beyond the boundaries of art. To ask « who is speaking » in the poem entails the question of the poet’s value and legitimacy: on what grounds, from which position, with what right the poet speaks. If the poet no longer has a clear social or symbolic role, he may choose to remove himself from the poem under the pretext that his particular existence has no relevance, – but he may also exploit the indeterminacy of his status to play all the roles he desires; mage, oracle, soldier, pariah, etc. Jacob, Apollinaire et Cendrars opt for this masquerade that manifests at once an anxiety – does the poet have no more role to play? – and an aspiration: to become universal, to speak at last for all human beings – by becoming each individual in turn.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (495 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 451-495

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : TH 2977
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.