Les "gueules cassées" : de la face au visage

par Marie-Dominique Colas

Thèse de doctorat en Recherche en psychopathologie et psychanalyse

Sous la direction de Fethi Benslama.

Le président du jury était Alain Vanier.

Le jury était composé de Eric Bey.

Les rapporteurs étaient Patrick Clervoy, Franck de Montleau.


  • Résumé

    Les « Gueules Cassées » incarnent l'horreur de la guerre que l'on veut hors regard et que l'on cherche à oublier. En 1921, trois soldats atrocement défigurés ont fondé une association pour venir en aide à leurs camarades. Ils ont choisi de leur redonner la dignité d'une existence sociale, un regard attentif. Près de cent ans plus tard, leur histoire est toujours d'actualité pour de nouvelles générations de blessés au combat. Comment survivre quand le corps a perdu son enveloppe protectrice, quand il dévoile l'informe de la chair, la gueule au sens d'une indistinction avec l'animal ? Comment retrouver son individualité quand la seule partie visible de son corps, inaccessible à soi-même, devient une « chose » monstrueuse ? Le témoignage des « Gueules Cassées » impose d'interroger sur le plan théorique ce qui fonde le principe d'identité chez l'être humain et de repenser le paradigme de l'altérité. Il s'agit avant tout d'entendre les effets de la blessure du corps sur la réalité psychique, d'historiciser le discours du sujet en proie à des processus « d'altérisation ». Cette reconstruction narcissique passe par un long travail à l'épreuve du miroir, du regard d'autrui, et par un face à face avec les limites de la chirurgie réparatrice, mais aussi avec le médecin questionné sur les limites éthiques de sa pratique. Les blessés de la face que nous avons rencontrés ont cherché à tisser à nouveau des liens avec leurs semblables, à transmettre leur expérience. L'inscription dans une « ethnie » aux traits communs a valeur de « greffe symbolique », de reconnaissance, et redonne à la face un visage.

  • Titre traduit

    "Gueules cassées » : from broken face to face


  • Résumé

    « Broken Faces » embody the horror of war, and the violence that we try to keep from seeing and seek to forget. In 1921, three horribly disfigured soldiers founded an association to corne to the aid of fellow comrades. They chose to give them back a social existence, something to work with, a careful look. More than one hundred years later, their story is still current for the new generations injured in combat. How does one survive when one's body has lost its protective envelope, when it unveils the shapelessness of flesh, a face that is indistinguishable from an animes? How does one get back one's individuality when the only visible part of the body, inaccessible even to oneself, becomes something monstrous? The evidence presented by « Broken Faces » forces one to question the theory that comprises the basic principe of identity in human beings, and to rethink the paradigm of otherness. This entails first of all comprehending the effects of the injuries on the physical reality, listening to the history of the person on the « otherness way ». This narcissistic reconstruction requires a long period of work in front of the mirror, under the eyes of others, and by coming to terms with the limitations of plastic surgery, but also require the surgeon to question the ethical boundaries of his practice. « Broken Faces » we met have tried to forge new ties with their peers, to pass on their experience. Entering in an « ethnic group » with common features has value of « symbolic transplant », recognition, and gives the broken face the face again.

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  • Détails : 1 vol. (276 f.)
  • Annexes : 314 ref.

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  • Cote : TL (2011) 138

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