Biotechnologie et politique au regard d'une philosophie politique critique

par Miguel Castello Balbontin

Thèse de doctorat en Philosophie politique

Sous la direction de Étienne Tassin et de Numa Murard.

Soutenue en 2011

à Paris 7 .


  • Résumé

    II semble admis que le développement biotechnologique soit un révélateur de la crise contemporaine des catégories traditionnelles de la morale et de la connaissance. Vis-à-vis du débat centré sur l'éthique ou sur la maîtrise technoscientifique - qui a donné heu à la création des Comités d'éthique et à la formulation des principes de la bioéthique et de précaution -, il est légitime de se demander si ce débat n'opère pas comme un mode d'oblitération d'une crise des catégories traditionnelles de la pensée politique. Une compréhension théorique politique des biotechnologies semble requérir donc une critique de la réduction de la politique à des catégories normatives, explicatives ou substantialistes. Cette compréhension amène à s'interroger non pas tant sur le rapport entre politique et savoir ou entre les décisions politiques et la production biotechnologique, que sur le rapport entre deux modalités de la phénoménalité du monde humain : l'agir et le faire. Cette interrogation exige d'élucider ce « faire biotechnologique » en ce qui concerne l'institution d'un monde humain et ajoute la difficulté de penser au rapport entre l’acosmisme de l'action et l’acosmisme technologique. La proposition de Miguel Abensour d'une philosophie politique critique, que nous interprétons comme une articulation entre phénoménologie de l'agir et dialectique négative, nous permet de mener une réflexion sur le rapport entre phénoménalité de la politique et phénoménalité du faire biotechnologique et de l'examiner à la lumière d'autres propositions théoriques contemporaines : l'agir communicationnel, de J. Habermas, les paralogies, de J-F. Lyotard, et le biopouvoir, de M. Foucault.

  • Titre traduit

    Biotechnology and Politics : perspectives from a critical political philosophy


  • Résumé

    While it seems tell tale to suggest that biotechnological development evidences the ongoing crisis of traditional conceptions of morals and knowledge, it is legitimate to ask whether the debate on ethics and on techno-scientific control - a debate that has prompted the formulation of bioethics principles and thé precautionary principle as much as it has triggered the formation of ethics committees - does not actually conceal another crisis: that of traditional categories of political thought. A theoretical understanding of biotechnology that is political calls for a critique of the reduction of politics to normative, explanatory or substantialist categories. Rather that only focus on relations between politics and knowledge or between political decisions and biotechnological production, a political theoretical understanding would query relations between acting and doing as phenomenic modalities of the human world. This interrogation calls for elucidating what 'doing biotechnology' entails by reference to how the human world is instituted, which in turn attracts the further difficulty of thinking about the relation between the acosmism of action and of technology. Using Miguel Abensour's proposal of a critical political philosophy to link the phenomenology of action and negative dialectics, the thesis first examines how politics and biotechnology are related in phenomenic terms and next crutinizes this relation from the vantage point of J. Habermas' theory of communicative action, J-F. Lyotard' theory of paralogy, and M. Foucault's theory of biopower.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (625 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 119 réf.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Diderot - Paris 7. Service commun de la documentation. Bibliothèque Universitaire des Grands Moulins.
  • PEB soumis à condition
  • Cote : TL (2011) 065
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