Genèses des figurations de la femme dans la Shoah : voix féminines et représentations de l'Holocauste (1946-1985)

par Jennifer Cazenave

Thèse de doctorat en Études cinématographiques

Sous la direction de Éric Marty et de Samuel Weber.

Soutenue en 2011

à Paris 7 .


  • Résumé

    Lors de la réalisation de Shoah (1985), Claude Lanzmann a accumulé 350 heures de rushes. Ces images inédites constituent le point de départ pour une réflexion sur la genèse du film, à savoir, le rapport entre le visible et l'invisible, le montage et l'archive. Face à l'ampleur de ce fonds, cette étude s'attache en particulier à la représentation des femmes. Tandis que les critiques féministes du film soulignent leur absence, nous soutenons que Shoah est traversé par des voix de femmes. Outre une analyse détaillée de ces représentations par la parole, il s'agit donc d'approfondir cette thématique du non-visuel à partir d'un travail des rushes des interviews avec des survivantes filmée? durant le tournage du film. De même, nous analysons la manière dont la représentation verbale des survivantes dans Shoah s'oppose à la présence visuelle des personnages féminins dans certaines représentations cinématographiques - soit des films, soit des témoignages filmés dans le cadre d'un procès - de « l'Holocauste » réalisés entre 1946 et 1985.

  • Titre traduit

    Making Shoah : Film, the Holocaust and the Representation of Women (1946-1985)


  • Résumé

    This dissertation reconsiders the representation of women in Claude Lanzmann's Shoah. While Lanzmann's documentary established a new paradigm for the limits of representation - which, as I demonstrate, contrasts with the visual presence of women in Holocaust films before Shoah -feminist readings have persisted in decrying the limited visual presence of women in the film Shifting the value from the image to the voice, I make a case for the cinematic significance GJ absence by mapping the acoustic spectrum which renders women present despite their invisibility. I argue that Shoah is traversed by the voices of women — both spoken and remembered. Vocal representations of women thus trace a path toward the unrepresentable image that haunts the film in its entirety: death itself. In Shoah, women tread between the image and its absence: the testimonies of the four women survivors in the film, which culminate in an untranslated song in Yiddish; the appearance and disappearance of the interpreters (all women), whose voices weave through the film pointing to the displacement of one language to another and to what is irreparably lost in translation the men who remember women — and their words — inside the gas chambers. Probing this intimacy of image and absence, I have been led to study the film's outtakes ; the most outstanding feature of these interviews is the ever-unstated but always present choices that constitute the film as it stands, but are themselves both unseen and unvoiced; any critical reflection on the film must concern itself with its making — that is, the arbitration between visibility and invisibility, presence and absence, montage and archive.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (327 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 254 réf.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Diderot - Paris 7. Service commun de la documentation. Bibliothèque Universitaire des Grands Moulins.
  • PEB soumis à condition
  • Cote : TL (2011) 023

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Bibliothèque : Université Toulouse Jean Jaurès. Bibliothèque universitaire centrale de lettres et sciences humaines.
  • Disponible pour le PEB
  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : MC 12770
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.