Fonctions suicidaires et stratégies de coping : incidence sur les conduites suicidaires et leur répétition

par Romain Gatelet

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Catherine Bungener et de Patrick Hardy.


  • Résumé

    Malgré la grande richesse et la diversité de la littérature sur les conduites suicidaires, les travaux souffrent encore d’un amalgame fréquent entre des situations, des particularités liées aux gestes ou des caractéristiques propres aux suicidants, en réalité pourtant très distinctes. Les fonctions ou intentions des gestes restent par ailleurs peu prises en compte, quand elles seraient pourtant susceptibles d’éclairer les relations entre les difficultés d’adaptation des sujets et le passage à l’acte. Objectifs : le premier objectif de cette recherche est de valider en français un questionnaire sur les fonctions suicidaires, le RASQ (Holden et al. , 1998). Le deuxième est de comprendre le passage à l’acte suicidaire et son lien avec les stratégies de coping et la psychopathologie. Le troisième est de proposer une analyse fine des suicidants, reposant sur leurs antécédents, les fonctions suicidaires de leur geste, leurs stratégies de coping et leur symptomatologie pour expliquer à la fois le geste et sa répétition. Méthode : nous avons réalisé une étude transversale auprès d’un échantillon de 398 sujets suicidaires et suicidants au total. Les sujets ont été évalués au cours d’un entretien et ont complété une série de questionnaires. Résultats : nous avons mis en évidence deux dimensions au sein du RASQ : « agressivité / maîtrise des relations » et « fuite / apaisement ». Les suicidants se distinguent des suicidaires par une utilisation plus importante du coping centré sur l’évitement, particulièrement de type distraction, et une plus grande fréquence de troubles de la personnalité du cluster B. Le sexe féminin et le coping de type distraction sont les seules variables liées indépendamment au passage à l’acte. Les suicidants se distinguent peu entre eux en fonction de leur histoire suicidaire, mais davantage lorsque l’on prend en compte la nature de leur geste, leur âge, leur sexe, et les fonctions de leur dernier geste. Seuls le désespoir et les troubles de la personnalité semblent liés indépendamment à la sévérité du dernier geste et aux répétitions. Conclusion : le coping de type distraction, le sexe féminin, les troubles de la personnalité du cluster B et le désespoir apparaissent comme les variables les plus liées aux conduites suicidaires et à leur répétition. Les primo- et plurisuicidants se distinguent peu entre eux et les fonctions suicidaires sont susceptibles d’enrichir qualitativement l’évaluation des gestes. Une approche longitudinale et qualitative pourrait permettre une meilleure compréhension des gestes et de leur répétition, par la prise en compte des caractéristiques de chaque geste, de leurs conséquences et des variations « traits » et « état » des stratégies de coping adoptées.

  • Titre traduit

    Suicidal functions and coping strategies : effects on suicidal behaviour and its repetition


  • Résumé

    In spite of a very rich and various literature about suicidal behaviour, research suffer from confusions between a large range of situations, acts and subjects’ characteristics, and seldom take the suicidal functions or intentions into consideration. However, this functions could explain the links between subjects’ coping skills and the parasuicides or suicide attempts. Objectives : the first objective of this research was to propose a french validation of a suicidal functions questionnaire, the RASQ (Holden et al. , 1998). The second was to try to explain why people engage in suicidal behaviour, and its relationship with coping strategies and psychopathology. The third was to study attempters according to their previous attempts, the suicidal functions of their last attempt, their coping strategies and their psychopathology, to explain why they commit and why they repeat suicidal behaviour. Method : in a cross-sectional design, 398 subjects were interviewed and were then asked to complete various self-questionnaires. Results : a two-dimensionnal structure was found in the RASQ : « agression / control » and « avoidance / relief ». Compared to suicidal ideators, attempters engaged in more avoidant coping ways, specially more distraction, and were more frequently diagnosed with Cluster B personality disorders. Distraction and female sex were the only significant independent predictors of an attempt. Attempters can’t be clearly distinguished by the number of previous attempts, but by the nature of their attempt (suicide attempt vs parasuicide), their gender, their age, and the suicidal functions of their last attempt. Hopelessness and personality disorders are the only significant independent predictors of the attempts severity and repetitions. Conclusion : Distraction, female sex, cluster B personality disorders, and hopelessness are the most involved dimensions into suicidal behavior and its repetition. Single and multiple suicide attempters don’t make two clear distinct populations and suicidal intentions could improve the qualitative understanding of the attempt. Attempts and repetitions could be better understood by follow-up and qualitative studies, and by assessing each attempt, its caracteristics and consequences, and « state-trait » coping variations.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (368 p.)
  • Annexes : Bibliogr. 483 réf.

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