L’Héroïne absente : la tragédie comme inscription culturelle

par Angela Ryan

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Antoine Compagnon.

Soutenue le 21-01-2011

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) .


  • Résumé

    L’héroïne de tragédie joue-t-elle le même rôle aristotélicien que le héros?Cette thèse examine six pièces, les Andromaque, Iphigénie en Aulide et Hippolyte d’Euripide et les Andromaque, Iphigénie et Phèdre et Hippolyte de Racine. Les trois héroïnes, examinées dans les trois premiers chapitres, ont des limites de représentation tragique spécifiques, les rendant moins présentes à l’action héroïque que les héros-type. Mais leur présence, même contrainte, ouvre la question de la condition féminine, que les Grecs ont été les premiers à conceptualiser, et que le XVIIème siècle en France a également mise en avant, du moins pour les femmes éduquées.Ensuite sont étudiés quelques exemples plus ponctuels de représentation d’héroïnes tragiques.Au cinquième chapitre est considéré l’impact de la présence et des absences des héroïnes sur la tragédie en tant que forme culturelle récurrente (tenant compte des éléments du modèle aristotélicien de la tragédie, muthos, hamartia, hubris, anagnorisis, katharsis, et l’interaction des héroïnes avec ces valeurs), contribuant à l’évolution des mentalités. En conclusion, la transmission culturelle de l’héroïne (mythe, épopée, culte, tragédie antique et classique, récurrences contemporaines) peut se conceptualiser en employant une récente théorie syntaxique et cognitive, la théorie X-barre. La théorie de la structure et de la contrestructure est articulée, qui suggère un modèle cognitif, rendant compte de l’évolution sociale des rapports entre hommes et femmes, qui sortirait des oppositions binaires. Les stratégies contrestructurales que les héroïnes de tragédie mettent en œuvre, dans ces pièces, marquent une évolution cognitive de la condition humaine. Les « études héroïniques » sont une voie de nouvelles recherches et un apport potentiel au futur des études littéraires.

  • Titre traduit

    The Absent Heroine : tragedy as Cultural Inscription


  • Résumé

    Does the tragic heroine play the same Aristotelian role as the hero? Six plays are examined: Euripides’ Andromache, Iphigeneia in Aulis and Hippolytos, and Racine’s Andromaque, Iphigénie and Phèdre et Hippolyte.The three pairs of heroines, considered in turn, have specific limits to their capacity for direct heroic action, compared to typical heroes. At the same time, their presence and actions, even constrained, open the question of women’s condition – which the Greeks were the first to conceptualise, and which the French XVIIth c. also foregrounded, at least for educated women. The fourth chapter looks at some further examples of heroines, illustrating aspects of their representation in tragedy.Fifthly is considered the impact, of the presence and absence of the tragic heroine, on tragedy as a form of cultural inscription which has contributed to the evolution of the imaginaire. Different aspects of the Aristotelian model of tragedy such as muthos, hamartia, hubris, anagnorisis, catharsis are explored in terms of how the tragic heroine represents these functions.The conclusions reflect on the cultural transmission of the heroine from myth to epic, cult, the tragedy of antiquity and of French classicism, to contemporary forms). A recent linguistics theory, the X-bar theory is mentioned as a possible cognitive model to conceptualise this continuity in discontinuity, through societies which have so differently validated the female, but may all have been affected by the performative heroine. The author’s own theory of structure and counterstructure is a possible model for observing the evolution of men-women relations, beyond polarising or binary-oppositional cognitive frames. Finally, “heroine studies” are a possible fruitful research area for literature and cultural studies.


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