‘As if a picture had any sense to hurt a body’ : la représentation du corps du "non-civilisé" dans les Îles Britanniques, 1776-1815

par Olivier Maldent

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Isabelle Bour et de Jean Viviès.

Le jury était composé de Isabelle Bour, Jean Viviès, Frédéric Regard, Suzy Halimi.


  • Résumé

    Cette étude a pour ambition d’expliquer les mécanismes qui informent la représentation du corps du "non-civilisé" dans les Îles Britanniques entre 1776 et 1815. Elle s’appuie sur un corpus de périodiques et de romans cités dans le titre et, de manière adventice, sur quelques documents iconographiques. Elle démontre, dans un premier temps, l’existence d’un lien, sinon paradoxal, du moins inattendu entre le degré de "civilisation" que l’observateur britannique prête à un individu ou à un groupe et la manière dont il représente son corps. Elle explique ensuite comment cette représentation est largement conditionnée par la théorie des climats, défendue, sous sa forme la plus aboutie, par Buffon, mais prolongée par d’autres observateurs sous des formes révélatrices d’une transition alors en cours. Cette transition voit l’essor de théories raciales fondées sur l’idée que le corps est un matériau à la fois mesurable et signifiant, dont on cherchera à prouver qu’elles s’opposent moins à la logique "climatique" que la doxa universitaire ne le laisse croire. C’est que le corps du "non civilisé" contribue lui-même à la formation d’un "corps impérial" en pleine formation, dont il devient un organe tantôt malade, tantôt vital. Ce n’est ainsi, précisément, qu’en tant que représentation que cette figure protéiforme acquiert un certain degré d’existence.

  • Titre traduit

    ‘As if a picture had any sense to hurt a body’ : representing ‘uncivilized’ peoples' bodies in the British Isles, 1776-1815


  • Résumé

    Abstract This study aims at explaining the mechanisms that inform the way ‘uncivilized’ peoples’ bodies are represented in the British Isles between 1776 and 1815. It is based on a corpus of periodicals and novels cited in its title and, to a lesser extent, on some illustrations. It first demonstrates that there exists an unexpected if paradoxical link between the degree of ‘civilization’ that the British observer attributes to a given individual or group and the way this observer represents their bodies. It then explains how such a representation is largely conditioned by the theory of climates (aka ‘environmentalism’), the most sophisticated version of which was put forward by Buffon, but was then elaborated upon by other observers, in ways that turn out to disclose a transition that was then taking place. The transition in question is that by which racial theories, based on the idea that the body constitutes both a measurable and meaningful material, came to prevail. As this study seeks to prove, such theories are much less opposed to the previous ‘climatic’ ones than what academic doxa on the subject might lead us to believe. The reason is that ‘uncivilized’ peoples’ bodies contribute to shaping an ‘imperial body’ that is itself in progress and of which they become organs that are either perceived as unhealthy or vital. So it is precisely as a representation–and as nothing else–that the protean figure of the ‘uncivilized’ comes to life.

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