Dépersonnalisations : du traumatisme à la création

par Virginie Foloppe

Thèse de doctorat en Études cinématographiques et audiovisuelles

Sous la direction de Murielle Gagnebin.


  • Résumé

    L'œuvre filmique relève-t-elle du "sévère exercice de dépersonnalisation" revendiqué par Gilles Deleuze dans l'invention d'une identité personnelle ? Quelles méthodes, les réalisateurs Alfred Hitchcock, Thomas Vinterberg et Kim Ki-duk inventent-ils pour représenter des femmes et des hommes soumis à des situations si intolérables qu'elles les dépersonnalisent et ce jusqu'à l'oubli de leur nom ? Enfin, quels liens peut-on opérer entre une dépersonnalisation qui relève d'une stratégie de survie déclenchée par des traumatismes d'origines diverses et, une autre, qui reflète la formidable puissance de l'acte créateur ? Ma réflexion s'inscrit à la croisée de deux formes de dépersonnalisation dont le psychanalyste Michel de M'Uzan a indiqué les destins radicalement opposés. Chacune, selon lui, s'accompagne d'affect distinct. Aussi à partir de ces différences essentielles quant à la qualité de l'émotion et à la visée, j'analyse, dans ma thèse, les modalités selon lesquelles le créateur est en mesure de nous montrer comment dévier la violence autodestructrice de l'une à la faveur de la puissance créatrice de l'autre qui, avec l'avènement de l'œuvre cinématographique, délivre l'image des empreintes terrifiantes d'un monde contemporain à la tonalité extrêmement archaïque. Tout au long de ma démonstration, les passages fréquents de la poïétique à la narration filmique m'ont permis, à la suite de la proposition de Gilles Deleuze et de la notion de créativité de Donald Woods Winnicott, d'envisager aussi la création en terme d'identité.

  • Titre traduit

    Depersonalizations : from trauma to creation


  • Résumé

    Does creation as something to do with the "exercise of severe depersonalization" claimed by Gilles Deleuze in the invention of a personal identity? What methods, directors Alfred Hitchcock, Thomas Vinterberg and Kim Ki-duk they invented to represent women and men subject to the conditions so intolerable that depersonalize them ? Finally, what links can be made between a depersonalization that is a survival strategy to trauma, and another that reflects the tremendous power of the creative act ? My thinking is at the intersection part of two forms of depersonalization in which the psychoanalyst Michel M'Uzan said the radically different fates. Each, he says, is accompanied by distinct affect. Also from these essential differences in the quality of the emotion and the destiny, I analyze in my thesis, the manner in which the creator is able to show us how to deflect the destructive violence of one to for the creative power of the other. Throughout my demonstration, the frequent passages between the narration and the poïesis allowed me, as a result of the proposed Gilles Deleuze and the notion of creativity Donald Woods Winnicott, to consider also creation in terms of identity.

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