De Nasser à Nasrallah : l’identité arabe à l’épreuve de ses récits médiatiques. Une analyse sémio-pragmatique de l’émergence de deux symboles de la nation. Nationalismes et propagandes, 1948-2006

par Dima Saber

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Frédéric Lambert.


  • Résumé

    Notre récit commence dans l’Egypte nationaliste des années 1950. Le coup d’Etat mené par Gamal Abdel Nasser et le “Mouvement des Officiers Libres” ouvre la voie à une révolution politique, économique, et socioculturelle, au Caire et dans l’ensemble du monde arabe. Il met alors en place un puissant dispositif médiatique : il fonde la radio la Voix des Arabes, publie La Philosophie de la révolution, et fera très rapidement du journal Al-Ahram la langue de sa révolution. De la guerre de Suez en 1956, à l’union avec la Syrie en 1958, l’Egypte soutiendra alors tous les mouvements de libération nationale jusqu’à la “catastrophe” de 1967, qui signe l’arrêt de mort du nationalisme nassérien. Lorsque le nationalisme laïc n’a pas réussi à restituer la Palestine et la dignité arabe perdues, certains ont cru que c’est la religion qui le fera. Deux modèles antagonistes secouent alors le consensus des années 1960 : au “pétro-islam” saoudien s’oppose désormais un islam chiite inspiré par la Révolution islamique en Iran et prôné par le Hezbollah et son Secrétaire général Hassan Nasrallah. Les années 1980-1990 correspondent aussi à l’introduction des chaînes satellites dans le monde arabe ; au pouvoir mobilisateur de la radio des années 1950, se substitue la force de l’image de chaînes comme Al-Jazeera et Al-Manar. Ainsi, trois décennies après la dernière guerre israélo-arabe, la question de l’identité est exportée sur le front libanais : Nasrallah dit mener, en 2006, “la guerre de la nation contre l’ennemi sioniste”. Comment, à travers leur couverture de la révolution, de la guerre, de la défaite et de la victoire, les médias arabes ont-ils dit l’identité tout au long des soixante dernières années d’histoire ? Comment la radio, la presse écrite, la télévision satellitaire, mais aussi la chanson, les clips et les jeux vidéo ont-ils dit l’arabité? Qu’est-ce que “être arabe” dans le discours médiatique d’aujourd’hui et de quelles manières l’islam politique prôné par les médias contemporains reprend-t-il les anciennes thématiques du nationalisme nassérien ?

  • Titre traduit

    From Nasser to Nasrallah : the representation of Arab identity through its media narratives. A semio-pragmatic analysis of the emergence of two symbols of the nation. Nationalisms and propaganda, 1948-2006.


  • Résumé

    Our story starts in the nationalist Egypt of the 1950s. The military coup undertaken by Gamal Abdel Nasser and the “Free Officers Movement” paved the way for a political, economic and socio-cultural revolution in Egypt and the entire Arab world. Soon after, Nasser established a powerful multifaceted media apparatus: he founded The Voices of the Arabs radio station, published The Philosophy of the Revolution, while Al-Ahram was slowly becoming the “tongue” of his revolution. From the Suez crisis in 1956, until the union with Syria in 1958, Nasser’s Egypt supported all anti-colonial liberation movements in the Arab world, until the 1967 defeat that signed the death sentence of pan-Arab nationalism. When secular nationalism couldn’t resuscitate Palestine and the tarnished Arab dignity, some thought that religion could. Two antagonistic models shook the fragile consensus of the 1960s: a Saudi “petro-Islam”, and the more recently emerging Shiite Islam, inspired by the Islamic Revolution in Iran, and mainly promoted by Hezbollah and its Secretary General Hassan Nasrallah. The 1980s also correspond to the introduction of the first satellite channels in the Arab world: the power of images on channels like Al-Jazeera and Al-Manar began to substitute radio’s mobilizing discourse of the 1950s. Three decades after the last Arab-Israeli war, the question of Arab identity is exported to the Lebanese front: Hassan Nasrallah says he is leading, in 2006, “the nation’s war against the Zionist enemy”. How did Arab media, through their coverage of revolutions, wars, defeats and victories, take part in the mechanisms of construction of post-colonial identities? How did the radio, the print and the satellite media, the songs, the music clips and the video games all define what is being “an Arab” today? And in which ways, does today’s political Islam, promoted by contemporary media narratives, reclaim the old pan-Arab and nationalist themes?


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Informations

  • Détails : 1 vol. (516 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 486-493

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  • Bibliothèque : Bibliothèque Cujas de droit et de sciences économiques (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : R/T2011-94
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