L' émergence des normes de tolérance à la corruption : le cas emblématique du Liban

par Sarah Hariri-Haykal

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Bertrand Lemennicier-Bucquet.

Le jury était composé de Bruno Jérôme, Jean-Dominique Lafay.

Les rapporteurs étaient Ghassan El Chlouk, Pierre Garello.


  • Résumé

    L’objectif central de cette thèse est de comprendre les raisons pour lesquelles la corruption est tolérée dans certaines sociétés. Dans cette perspective, il s’avère indispensable de délimiter le concept de corruption qui ne peut être étudié indépendamment du cadre socioculturel de chaque pays, de la qualité des institutions et de la performance de l’État. Face à la défaillance de l’action collective et au coût des politiques étatiques de lutte, une norme sociale de tolérance de la corruption peut émerger dans une société, réfutant ainsi toute intervention publique. Un modèle proposé en théorie des jeux stipule qu’il est irrationnel de ne pas être corrompu dans une société où la corruption est largement répandue. Une corruption défensive, allant de l’acte individuel de paiement d’un pot-de-vin à la pression organisée des groupes d’intérêt, semble être une réaction rationnelle, un sous-produit de l’usage illégitime et répressif du pouvoir étatique. C’est la tolérance à cette corruption défensive, souvent caractérisée par des effets bénéfiques sur le bien-être social,que l’on propose comme réponse rationnelle à la corruption offensive du pouvoir. Le cas emblématique du multi-confessionnalisme au Liban montre que la corruption est acceptée dans les pratiques quotidiennes des libanais car elle se développe comme une contre-stratégie qui permet de contrecarrer la défaillance des institutions publiques et de contourner la fragmentation religieuse et confessionnelle du partage des ressources. Une enquête personnelle sera menée pour justifier l’émergence d’une « culture de cadeaux » et d’une norme sociale de tolérance vis-à-vis de la corruption.

  • Titre traduit

    The emergence of social norms of tolerance to corruption : the emblematic case of Lebanon


  • Résumé

    This thesis attempts to explain the question why corruption is tolerated in some societies. At first, it is essential to define the concept of corruption which cannot be studied independently of the social and cultural context of each country, its religious and confessional fragmentation, the quality of its institutions and the performance of its state. Faced with the failure of collective action and the high cost of public policies, a norm of tolerance of corruption can emerge in a society, thus refuting any public intervention. A game theory model proves that it is irrational not to be corrupt in a society where corruption is widespread. A defensive corruption, ranging from paying bribes, to pressure groups, to buying votes, becomes a rational reaction, a byproduct of the repressive and illegitimate use of state power, especially when corruption has beneficial effects on social welfare. It is this defensive corruption that we consider tolerated, in opposition to offensive corruption.The study of the emblematic case of Lebanon shows that corruption in its various forms is accepted in the daily practices of the Lebanese, and it is used against the failure of public institutions and multi-confessional society. A survey has been conducted to justify the emergence of a "gift culture" and a norm of tolerance vis-à-vis of corruption.

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