La morale de sentiment dans la littérature et la pensée française du XVIII ème siècle

par Jérome Bottgen

Thèse de doctorat en Lettres modernes

Sous la direction de Jacques Domenech.


  • Résumé

    Le siècle des Lumières se caractérise par la recherche de nouveaux fondements – purement laïques – pour édifier une morale universelle. A côté de la raison, de très nombreux auteurs prônent l’autorité du sentiment pour distinguer le juste et l’injuste, le bien et le mal. Rousseau est le plus illustre et le plus fervent défenseur de cette morale nouvelle, qui prétend s’appuyer sur la nature et non sur la révélation. Dans La Profession de foi du Vicaire savoyard, il fait de la conscience l’instance morale suprême, une étincelle divine placée en l’homme pour juger toutes ses actions de manière immédiate et infaillible. Mais au-delà de Rousseau, ce sont de très nombreux penseurs du dix-huitième siècle qui placent, chacun à sa manière, le sentiment au centre de leur réflexion philosophique, comme en témoignent les œuvres de Diderot, de Voltaire, de l’abbé Prévost, de madame d’Epinay, mais aussi, pour en renverser les postulats, de Sade. Mais l’influence de la morale de sentiment ne se limite pas à la sphère philosophique : pour prouver son innocence et rétablir la vérité aux yeux de la postérité, Rousseau entreprend, avec Les Confessions, de dévoiler son être intime, et d’exposer ses mouvements intérieurs. L’autobiographie ainsi fondée puise donc directement ses racines dans la morale de sentiment, et les successeurs de Rousseau dans cette voie de l’écriture de soi – c’est par exemple le cas de Restif de La Bretonne, de Stendhal et de bien d’autres jusqu’à l’autofiction d’un Serge Doubrovsky – articuleront la même dialectique entre connaissance de soi et prospection de la nature humaine. La morale de sentiment, à travers ses expressions très variées, reflète et dépasse tout à la fois le siècle des Lumières : elle témoigne de son aspiration à un profond renouveau dans le domaine moral, et porte en elle les germes d’un nouveau statut du « moi » en littérature.

  • Titre traduit

    Morality of the feeling in french literature and thought of the eighteenth century


  • Résumé

    The Age of the Enlightenment is characterized by the search for new foundations - purely laic - to build a universal morality. Next to the reason, very numerous authors laud the authority of the feeling to distinguish justice from injustice, good from evil. Rousseau is the most illustrious supporter of this new morality, which claims to lean on the nature and not on the revelation. In “La Profession de foi du Vicaire Savoyard”, he makes of consciousness the supreme moral authority, a divine spark placed in the man to judge all his actions in a immediate and infallible way. But in addition to Rousseau, very numerous thinkers of the eighteenth century , each in his own manner, the feeling in the center of their philosophical thought, as we can see in the works of Diderot, Voltaire, Prévost, madame d’Epinay, but also, to reverse its down postulates, of Sade. But the influence of the morality of feeling does not limit itself to the philosophical sphere: to prove its innocence and restore the truth, Rousseau, in “Les Confessions”, reveals his intimate being, and to expose his internal movements. The autobiography so established draws thus directly its roots from the morality of feeling, and the successors of Rousseau in this way of the writing of oneself - it is for example the case of Restif de la Bretonne, Stendhal and many others - will articulate the same dialectic between self-knowledge and prospecting of the human nature. The morality of feeling, through its very varied expressions, reflects and exceeds quite at the same time the Age of the Enlightenment: its testifies of the pursuit of a profound revival in the moral domain, and carries the germs of a new status of the "me" in literature.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (285 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 275-280. Index. Résumés en français et en anglais.

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  • Bibliothèque : Université Nice Sophia Antipolis. Service commun de la documentation. Bibliothèque Lettres, Arts, Sciences humaines-Henri Bosco.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : 2011 NICE 2036
  • Bibliothèque : Université Nice Sophia Antipolis. Service commun de la documentation. Bibliothèque Lettres, Arts, Sciences humaines-Henri Bosco.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 2011 NICE 2036 Bis
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