Etude sur la fonction de l'hystérique dans le système de sens construit en France face à la souffrance et à la mort

par Stéphanie Dutertre

Thèse de doctorat en Epistémologie, Histoire des Sciences et des Techniques, Médecine et Sciences humaines

Sous la direction de François Resche et de Jackie Pigeaud.


  • Résumé

    L’hystérique est une figure bien connue des initiés du monde médical. La biomédecine la reconnaît le plus souvent devant une femme porteuse d’une plainte douloureuse durable malgré les traitements, et sans lésion visible dans le corps de l’anatomie. Le mot « hystérie » a fait l’objet de multiples discours savants, le plus connu étant celui de la psychanalyse. Mais c’est la figure du discours biomédical qui m’a intéressée. L’hystérie est une catégorie médicale, entraînant donc des strate������gies médicales ; mais ce n’est pas un diagnostic. Ce travail concerne le système dans lequel survient et dure cette reconnaissance, et s’appuie sur l’anthropologie de la santé et l’histoire. Si un problème dure, c’est qu’il a une fonction. Quel est le problème ? Qui a le problème ? À quoi, à qui sert qu’il dure ? À la fin du XXe siècle est apparue la médecine de la douleur. Celle-ci contient le germe d’une révolution épistémologique et bouleverse le mythe fondateur de la biomédecine, s’agissant des rapports de l’âme et du corps, avec des conséquences notables pour les patientes concernées. Ce travail est une étude de terrain en médecine de la douleur, et profite de la brèche créée par elle dans un certain nombre d’implicites médicaux. Au terme de cette étude, il apparaît que le système biomédical exerce dans la société une fonction régulatrice de la violence - souffrance, mort, masculin/féminin -, et que la désignation de l’hystérique a une fonction dans ce système. Il y est question du tragique, et de la médecine comme écriture. La médecine de la douleur peut proposer aux acteurs du système une sortie de crise ; mais au prix de bouleversements d’ampleur mythologique.

  • Titre traduit

    Workings and purpose of the medical recognition of hysteria within the french system of meaning regarding death and suffering


  • Résumé

    ‘Hysteria’ is a term often used within the French biomedical discourse: the patient it usually refers to is a woman complaining of durable pain, which medicine fails to relieve or explain, for lack of a visible lesion in her body – understand : anatomy. ‘Hysteria’ also has a long academic history, even before psychoanalysis. But this study focuses on biomedicine. ‘Hysteria’ remains, in France, a medical category, leading to medical strategies ; but it does not qualify as a diagnosis. How does this come about? Pain medicine was created at the end of the twentieth century, heralding an era of epistemological revolution, shattering the founding biomedical ‘body and soul/mind/psyche’ mythology, with remarkable consequences for these patients. But it remains marginal in France. This is a study in medical anthropology and a historical review. It looks into the system within which the recognition of hysteria occurs and lasts. From a systemic point of view, a problem only lasts if it serves a purpose. What or whose purpose does this recognition serve, when it only seems to create more suffering? When there are means to exit the crisis, that are not being used?The field work took place in a Pain Clinic, and benefited from pain medicine’s lifting of the veil over some of biomedicine’s founding mythology. It appears that French biomedicine takes part in the collective responses to violence. The recognition of hysteria is a key element of French society’s response to suffering, death, and gender issues. Medicine is a narrative, and tells a certain story about tragedy. Pain medicine could offer an exit to the systemic crisis called ‘hysteria’; but the stakes are high.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (609 p., pagination multiple)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. Vol. 2 p. 930-945.

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  • Bibliothèque : Université de Nantes. Service commun de la documentation. BU Sciences.
  • Disponible pour le PEB
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