Modalisateurs et organisateurs textuels en français préclassique et classique : fonctionnement discursif et grammaticalisation

par Louise Royer

Thèse de doctorat en Sciences du langage

Sous la direction de Bernard Combettes.

Soutenue le 14-10-2011

à Nancy 2 , dans le cadre de Ecole doctorale Langages, Temps, Sociétés (LTS) (Nancy-Metz) , en partenariat avec ATILF - Analyse et traitement informatique de la langue française - UMR 7118 (laboratoire) .

Le président du jury était Michel Charolles.

Le jury était composé de Christiane Marchello-Nizia, Sophie Prévost.


  • Résumé

    Nous proposons un travail de description en contexte des modalisateurs et des organisateurs textuels. Ces syntagmes traduisent une présence de l'énonciateur et correspondent à un désir d'expressivité spécifique. En français préclassique, la quantité des textes théoriques s'amplifie. La valeur argumentative et la structure spécifique de ces écrits constituent des facteurs de la grammaticalisation des modalisateurs et des organisateurs textuels. Des textes comme les essais par exemple transmettent un point de vue donné et sont rigoureusement structurés, notamment grâce à la présence de ce type de groupes énonciatifs. Le processus de grammaticalisation correspond à un changement complexe, progressif et unidirectionnel faisant passer une forme d'un statut lexical à un statut grammatical ou d'un statut moins grammatical à un statut plus grammatical. Des formes-sources évoluent peu à peu pour se figer en des formes-cibles précises. Au sein de cette mutation, des phases de réanalyse et d'extension analogique, changements plus simples, interviennent. Les locuteurs commencent à interpréter différemment les mots ou groupes de mots concernés jusqu'à ce qu'une nouvelle utilisation s'impose (réanalyse). Certains changements en entraînent d'autres : des groupes proches, d'un point de vue structurel, des syntagmes qui ont été modifiés évoluent à leur tour d'une manière à peu près similaire (extension analogique). Après avoir observé la composition des groupes, leur comportement syntaxique et discursif, nous vérifierons si l'émergence et l'évolution des syntagmes en question entrent dans le canevas de la grammaticalisation. Les modalisateurs (exemple : « à dire vrai ») et les organisateurs textuels (exemple : « pour faire court ») correspondent à des constructions détachées. Est-ce qu'il en a toujours été ainsi ? S'agit-il de créations françaises ? Quelles sont leurs formes-sources respectives ? En ce qui concerne la délimitation des périodes, le français classique est souvent présenté comme l'empan chronologique dans lequel se stabilise la langue (même si la périodisation est perçue par certains linguistes, comme artificielle mais nécessaire). Nous verrons donc si le découpage que nous proposons est pertinent et si les emplois sont fixes en 1750. Nous nous appuyons sur l'observation d'emplois en contexte dans des exemples d'époque pour appréhender comment de nouvelles entités énonciatives se mettent en place et pour voir si l'on peut établir un mode de formation de ces syntagmes prépositionnels.

  • Titre traduit

    Modalisers and textual organisers in preclassical and classical French : discursive functioning and grammaticalization


  • Résumé

    We put forward a work of description in context of modalisers and textual organisers. These syntagms convey the presence of the enunciator and correspond to a specific desire of expressiveness. In preclassical French, the quantity of theoretical texts increased. The argumentative value and the specific structure of these written works make up factors of the grammaticalization of modalisers and textual organisers. Texts such as essays for instance pass on a given viewpoint and are structured rigorously, in particular thanks to the presence of this type of enunciative groups. The grammaticalization process corresponds to a complex change which is progressive and unidirectional, putting across a form from a lexical status to a grammatical one or from a less grammatical status to a more grammatical one. Form sources evolve little by little to freeze into precise form targets. Within this transformation, some phases of reanalysis and analogical extension ? which are simpler changes ? will occur. Speakers start interpreting differently the words or groups of words concerned until a new use asserts itself (reanalysis). Some changes bring about others : some close groups, from a structural point of view, some syntagms which have been modified evolve in turn in a pretty similar way (analogical extension). After having examined the composition of groups, their syntaxic and discursory behaviour, we sall check whether the emergence and evolution of the syntagms in question fit into the canvas of grammaticalization. Modalisers (for example « to tell the truth ») and textual organisers (for example « to cut a long story short ») correspond to separate constructions. Has this always been the case ? Is it a matter of French constructions ? What are their respective form sources ? As far as the demarcation of periods is concerned, classical French is often presented as the chronological reference in which the language becomes stabilized (even though periodisation is perceived by certain linguists as artificial yet necessary). We shall therefore see whether the dividing up which we propose is judicious and whether usage was fixed in 1750. We rely on the observation of uses in context from examples of that period so as to apprehend how new enunciative entities are set up and to see if one can lay down a mode of formation of these prepositional syntagms.


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.