Le management de la coopétition : le cas des programmes spatiaux de télécommunications européens

par Anne-Sophie Fernandez

Thèse de doctorat en Sciences de Gestion

Sous la direction de Frédéric Le Roy.

Le jury était composé de Frédéric Le Roy, Hervé Dumez, Xavier Lecocq, Gérald Naro, Gilles Paché, Florence Palpacuer.

Les rapporteurs étaient Hervé Dumez, Xavier Lecocq.


  • Résumé

    Le concept de coopétition s'intéresse aux stratégies d'entreprise simultanément concurrentielles et coopératives. Il les envisage du point de vue de la dialectique et du paradoxe. De nombreux travaux abordent les déterminants des stratégies de coopétition à partir de diverses perspectives théoriques. La complexité du phénomène requiert l'intégration de plusieurs niveaux de déterminants. Les difficultés liées à la mise en œuvre de stratégies de coopétition sont peu abordées par la littérature. Par essence paradoxales, les stratégies de coopétition créent des tensions spécifiques, définies comme des tensions coopétitives. Pour que les partenaires atteignent leurs objectifs, les tensions coopétitives doivent être managées. La thèse vise à répondre à la problématique suivante : s'il semble opportun pour deux entreprises leaders et concurrentes sur un même marché de mutualiser leurs forces au travers d'une stratégie de coopétition pour atteindre un objectif commun, comment gèrent-elles les tensions induites par la mise en œuvre d'une telle stratégie paradoxale ? Trois axes de questionnement se déclinent à partir de la problématique centrale. Ils abordent successivement les déterminants des stratégies de coopétition, les sources de tensions coopétitives et leur management. Un acteur tiers doté de compétences architecturales peut contraindre les stratégies de coopétition. Selon l'influence de cet acteur tiers architecte, deux formes de coopétition sont distinguées : la coopétition intermédiée et la coopétition non-intermédiée. Les déterminants, les sources de tensions coopétitives et leur management sont envisagées pour ces deux types de coopétition. Le secteur des télécommunications de l'industrie spatiale est retenu comme cadre empirique. La méthode de recherche est qualitative. Elle repose sur l'étude approfondie de deux programmes spatiaux de télécommunications menés conjointement par les deux industriels européens : Astrium (EADS) et Thales Alenia Space (Thales). Le cas Alphabus est représentatif d'une stratégie de coopétition intermédiée. Le cas Yahsat est représentatif d'une stratégie de coopétition non-intermédiée. Les résultats intègrent le niveau de l'industrie, de l'organisation et de l'individu pour comprendre l'adoption de stratégies de coopétition. Des tensions coopétitives apparaissent au niveau de l'industrie, au niveau dyadique, organisationnel, intra-organisationnel et interindividuel. Bien que nécessaire, le cadre contractuel est insuffisant pour assurer une gestion efficace des tensions coopétitives. Les SI facilitent le management des tensions coopétitives. Des dispositifs et des actions spécifiques sont nécessaires. L'étude met en exergue deux modes de management des tensions coopétitives. Dans le cas d'une stratégie de coopétition intermédiée, le management des tensions coopétitives est externalisé à l'acteur tiers. Dans le cas d'une stratégie de coopétition non-intermédiée, le management des tensions coopétitives est internalisé. Il repose sur l'équipe-projet, sa structure de gouvernance et son chef de projet. La duplication des postes clés au sein de l'équipe est primordiale. Le chef de projet est doté de compétences spécifiques. Personnage schizophrène, il intègre le paradoxe de la coopétition et assure la gestion des tensions au sein de l'équipe au travers de ses différentes missions.

  • Titre traduit

    Management of coopetition : the case of European telecommunications space programmes


  • Résumé

    The concept of co-opetition analyzes simultaneous cooperative and competitive strategies from a dialectical and paradoxical perspective. Previous scholars focused on drivers of co-opetition using various theoretical backgrounds. The complexity of the phenomenon requires a multiple-level framework to understand the drivers of co-opetition. A gap exists in the literature about the implementation of co-opetitive strategies. Since paradoxical, co-opetitive strategies create specific tensions defined as “co-opetitive tensions”. To achieve their goals, partners need to manage efficiently co-opetitive tensions. The thesis aims to answer the following question: if two competing leaders join their forces in a co-opetitive strategy to reach a common objective, how do they manage the tensions resulting from the implementation of such a paradoxical strategy? Three issues come from this questioning: the drivers of co-opetition, the sources of co-opetitive tensions and their management. A third party as an architect can constrain the emergence of co-opetitive strategies. Thus, two types of co-opetition are distinguished: intermediated co-opetition and non-intermediated co-opetition. For both types of co-opetition, drivers, sources of co-opetitive tensions and their management are investigated. The empirical study is conducted within the sector of manufacturing telecommunications' satellites. The method is qualitative. It is based on two in-depth case studies of common programmes conducted by European manufacturers: Astrium (EADS group) and Thales Alenia Space (Thales group). The programme Alphabus is an exemplar case of intermediated co-opetition. The programme Yahsat is an exemplar case of non-intermediated co-opetition. The results of the study combine industry-level, organization-level and individual-level to understand the drivers of co-opetition. Co-opetitive tensions appear at the industry, dyadic, organizational, intra-organizational and inter-individual levels. Even necessary, contracts are insufficient to manage efficiently co-opetitive tensions. Information systems facilitate the management of co-opetitive tensions but specific tools and actions are needed. The study provides insights about managing co-opetitive tensions. In the case of intermediated co-opetition, the management is externalized through a third party. In the case of non-intermediated co-opetition, the management is internalized. Its efficiency depends on the team, the governance structure of the team and on the project manager. Managerial responsibilities must be duplicated and equally shared by both partners. The project manager has specific competences. Schizophrenic character, he embodies the paradox of co-opetition. Through its various missions, he is responsible for the management of co-opetitive tensions within the team.


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