L'organisation endostructurale de restes dentaires humains du Pléistocène inférieur final-moyen initial d'Indonésie et d'Afrique, avec une attention particulière à Homo erectus s. S. : caractérisation comparative à haute résolution et problématiques taxinomiques

par Clément Zanolli

Thèse de doctorat en Sciences de la nature et de l'homme. Paléontologie humaine

Sous la direction de Roberto Macchiarelli et de Dominique Grimaud-Hervé.

Le président du jury était Bruno Maureille.

Le jury était composé de Luca Bondioli, Christopher Dean, Harry Widianto.

Les rapporteurs étaient José Braga, Frederick E. Grine.


  • Résumé

    Depuis la découverte en 1891 des premiers restes de Pithecanthropus (Homo) erectus à Trinil, plusieurs sites à vertébrés d'âge pléistocène ont été mis au jour sur l'île de Java, en Indonésie. Le registre paléoanthropologique comprend à ce jour un total d'environ 230 éléments dentaires. Cependant, alors qu'une grande majorité appartient à H. Erectus s. S. , certains spécimens ont été par le passé provisoirement attribués à d'autres taxons hominidés (e. G. , Meganthropus paleojavanicus, Pithecanthropus dubius), ou sont encore en attente d’attribution. Cette incertitude taxinomique est probablement le résultat des variations eustatiques qui ont affecté cycliquement l'archipel indonésien au cours du Quaternaire, permettant la formation temporaire de ponts terrestres et donc des échanges intermittents avec le continent. Dans ce scénario dynamique, il est fort probable que des phases d'isolement ont périodiquement modelé la biodiversité locale. Dans le but d'apporter des éléments originaux au débat sur la taxinomie du registre hominidé javanais, nous avons utilisé des techniques propres à la paléoanthropologie "virtuelle" pour la caractérisation de la morphologie interne d'un échantillon dentaire, en grande partie inédit, du Pléistocène inférieur final-moyen initial de la région de Sangiran. A titre comparatif, l'analyse a aussi intégré des dents de Pongo, actuel et fossile. Pour explorer la variation des caractéristiques structurales d'un échantillon humain d'âge comparable à la série indonésienne ayant évolué en contexte non insulaire, nous avons également détaillé à haute résolution les dents de H. Heidelbergensis africain du site de Tighenif, en Algérie, et deux spécimens de H. Erectus/ergaster de Buia, en Erythrée. L'ensemble des résultats issus des analyses comparatives basées sur les caractéristiques morphodimensionnelles externes, les proportions 2-3D des tissus dentaires, la variation topographique de l'émail, l'étude de morphométrie géométrique de la jonction émail-dentine et de la cavité pulpaire nous a permis d'identifier la présence d'au moins deux taxons hominidés pénécontemporains à Sangiran.

  • Titre traduit

    The endostructural organization of the late Lower-early Middle Pleistocene human dental remains from Indonesia and Africa, with a special attention to Homo erectus s. S. : comparative high-resolution characterization and taxonomic problems


  • Résumé

    Since the early discovery of Pithecanthropus (Homo) erectus in 1891 at Trinil, a number of Pleistocene vertebrate remains have been unearthed in the island of Java, Indonesia. The paleoanthropological record available so far includes a total of ca. 230 dental elements. However, while most specimens belong to H. Erectus s. S. , some have been tentatively attributed to other hominid taxa (e. G. , Meganthropus paleojavanicus, Pithecanthropus dubius), or are still pending attribution. This taxonomic incertitude probably results from the eustatic variations which have cyclically affected the Indonesian archipelago during the Quaternary, allowing the formation of temporary land-bridges and, therefore, to intermittent exchanges with the Asian mainland. In this dynamic scenario, it is likely that isolation phases have periodically shaped the local biodiversity. In order to bring new elements to the taxonomic debate on the Javanese hominid fossil record, we applied methods developed in "virtual" paleoanthropology to characterize the inner structural morphology in a largely unpublished sample of late Lower-early Middle Pleistocene dental remains from the Sangiran area. For comparative purposes, we also integrated in our analysis extant and extinct Pongo teeth. To explore the structural variation shown by a human sample of comparable age from a mainland context, we have also detailed at high-resolution the teeth of the H. Heidelbergensis African series from Tighenif, Algeria, as well as two H. Erectus/ergaster specimens from the site of Buia, Eritrea. As a whole, the results of the comparative analyses dealing with the external morpho-dimensional features, the 2-3D dental tissue proportions, the enamel topographic distribution, the geometric morphometric assessment of the enamel-dentine junction and of the pulp chamber point to the presence at Sangiran of at least two penecontemporaneous hominid taxa.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (546, [178] p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 511-546

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  • Bibliothèque : Muséum national d'histoire naturelle. Bibliothèque centrale.
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  • Cote : TH 2011 -- 33 - 1
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