Les musées et centres de sciences face au changement climatique : quelle médiation muséale pour un problème socioscientifique ?

par Marine Soichot

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication. Muséologie

Sous la direction de Yves Girault.

Le président du jury était Amy Dahan.

Le jury était composé de Roland Schaer.

Les rapporteurs étaient Joëlle Le Marec, Alain Legardez.


  • Résumé

    Les musées et centres de sciences se sont historiquement constitués comme des institutions scientifiques et culturelles détentrices d’un savoir savant qui leur confère une certaine autorité. Actuellement, des problèmes socioscientifiques (controverses sociotechniques ou questions socialement vives) et de nouveaux rapports entre sciences et société interrogent les modes de médiations de ces institutions. Dès lors, comment traitent-elles ces sujets ? Comment les professionnels du secteur se positionnent-ils ? Afin de répondre à ces questions, cette thèse prend l’exemple du changement climatique et mobilise deux cadres d’étude : les courants sur la médiation des sciences inspirés du champ STS (Sciences and Technology Studies) qui interrogent le deficit model et la théorie des arènes dans le cadre des études sur les problèmes publics. Quatre musées et centres de sciences sont étudiés : Science Animation à Toulouse, Cap Science à Bordeaux, la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris et le Science Museum de Londres. Le changement climatique, du moins en France jusqu’en 2009, fait l’objet d’une construction consensuelle dans les arènes scientifiques, politiques ou encore médiatiques. En effet, divers opérateurs convergent autour d’une même définition du problème. Les institutions muséales étudiées s’en détachent peu : relais du consensus incarné par les conclusions du GIEC, dépolitisation du problème, alerte et appel à l’action mais absence de focalisation sur la dimension individuelle des enjeux. Quatre modes de médiation muséale du changement climatique sont identifiés : un mode de rupture, un mode informatif, un mode réflexif et critique et un mode résolutique. Les professionnels rencontrés lors de l’enquête adoptent des postures diverses. Néanmoins, la plupart s’attachent à présenter des connaissances validées dans une posture d’impartialité et refusent les approches interventionnistes. Cependant, certains éléments des productions étudiées relèvent d’un tel mode de médiation en articulation avec des discours du type alerte et appel à l’action. Cette contradiction pourrait témoigner du poids de la définition dominante du problème climatique institué comme cause sans adversaire et plus largement de la prégnance du développement durable comme nouvelle norme sociopolitique.


  • Résumé

    Historically, science museums and science centers have emerged as scientific and cultural institutions that detain scholarly knowledge, which confers them a certain authority. Currently, however, socio-scientific issues and new kinds of relationships between science and society put to challenge the modes of communication of these institutions. Then, how do these institutions deal with such issues? Do their staff members take a stand on these issues? In order to address these questions, this thesis examines the example of climate change. Two theoretical frameworks are mobilized: science communication approaches inspired by STS (Science and Technology Studies) which question the deficit model and the theory of arenas to study public problems. Four science museums and science centers are studied: Science Animation in Toulouse, Cap Science in Bordeaux, La Cité des Sciences et de l’Industrie in Paris and the Science Museum in London. At least in France until 2009, climate change has been has been built on a consensus in the scientific, political and media arenas. Indeed, different actors converge around the same definition of the problem. The science museums and centers studied adopt a similar definition: scientific consensus as found in the conclusions of the IPCC, depolitisation of the problem, warning and call for action but no strong focus on the individual dimensions of the issue. The thesis identifies four models of communication: a mode of rupture, an informative mode, a reflexive and critical mode, and a solving. The professionals met during the study all take different positions. Nevertheless, most of them find it important to represent validated knowledge in an impartial way and refuse interventionist approaches. However, some elements of the displays studied revealed such an approach. A discourse concerned with alerts and calls for action was also at play. This contradiction might be a sign of the weight of the dominant definition of the problem of climate change, instituted as a cause without opponent. More generally, it could be explained by the importance of sustainable development as a new social and political norm.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (404 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 364-383 p. Notes bibliogr. et webliogr

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  • Bibliothèque : Muséum national d'histoire naturelle. Bibliothèque centrale.
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : TH 2011 -- 12
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