La mise en question du langage dans les Salons de Diderot

par Elise Pavy

Thèse de doctorat en Langue et Littérature françaises

Sous la direction de Violaine Geraud.

Soutenue le 12-12-2011

à Lyon 3, dans le cadre de École doctorale Lettres, Langues, Linguistique et arts (Lyon).

Le président du jury était Michel Delon.

Le jury était composé de Thierry Belleguic, Olivier Leplatre.

Les rapporteurs étaient Gilles Siouffi.


  • Résumé

    Notre hypothèse est que la réflexion de Diderot dans les Salons ne porte pas tant sur l’image que sur le langage : la confrontation avec les œuvres d’art l’oblige à questionner la langue. Traduire l’image permet d’expérimenter les limites expressives de la langue, de saisir ses conditions d’apparition, son origine. La présente étude se donne trois objectifs principaux. Remettre les Salons au cœur des pratiques d’écriture des salonniers. La critique d’art est à envisager non seulement au regard des idées nouvelles défendues par les salonniers, mais aussi de leurs expérimentations formelles. En examinant les textes antérieurs et postérieurs aux Salons se dessine la genèse de la critique d’art comme genre littéraire. À l’autre extrémité des influences, cette étude explore les Salons en les plaçant au cœur de l’ensemble de l’œuvre de Diderot. Diderot y approfondit ses intuitions théâtrales et esthétiques, développe ses thèses sensualistes et matérialistes, sa philosophie morale, ses idées politiques et physiologiques, affine sa conception de la langue. Les Salons l’accompagnent dans son cheminement intellectuel et dépassent le commentaire des œuvres exposées. La critique d’art est laboratoire d’écriture et de pensée. Plus encore, sa critique d’art pose avec une acuité toute particulière l’un des grands problèmes du tournant des Lumières : le conflit naissant entre nature et culture, dont le langage devient l’un des lieux d’interrogation privilégié. C’est à la question du langage que nous avons choisi de nous intéresser, parce que ses fonctions sont emblématiques des tensions du texte. Le langage peut servir à communiquer avec les autres, à échanger. Mais il a également la capacité de figurer, de créer une image dans l’esprit. Il permet enfin de s’interroger sur lui-même. Une involution semble poindre dans les Salons : c’est à partir des discours sur l’art comme lieux de sociabilité que Diderot réfléchit à la langue originelle.

  • Titre traduit

    Questionning language in Diderot's art criticism


  • Résumé

    My thesis is entitled “La mise en question du langage dans les Salons de Diderot”. It aims at showing that Diderot’s art critic does not focus so much on image than on language, or more precisely on the fact that, when looking at a painting, Diderot is compelled to question language. In the Salons, he tries to make pictures arise from words and to give speech and voice to images. Three aspects of the relationships between image and language arise, and make up the three parts of my thesis. First of all, Diderot talks about the paintings of the Louvre’s exhibitions. The Salons are part of Grimm’s Correspondance littéraire, whose subscribers are all members of European monarchies. While he depicts paintings, Diderot always keeps in mind that these very urbane readers expect to be entertained. Speech about art need to remain close to playful conversation in order to entertain the elite. I studied Diderot’s borrowings from other art critics, thanks to the “Collection Deloynes” in which are gathered all texts from the eighteenth century about the Louvre’s exhibitions. Working on this collection enable me to prove Diderot’s influence on evolution of art criticism considered as a literary genre. The second part of my thesis focuses on the language of image. Diderot also tries to invent a language that imitates image, whose structure and phrasal progression match the dynamic of the painting. He adapts his writing to pictures until he reaches sometimes the limits of syntactic structure. Finally, Diderot questions the ability of words to convey images, which lead him to a metalinguistic reflection. Paintings are perceived as a gestural form of language which gives clues to understand the origins of language. My research consists in proving that there is a kind of “involution” of language in Diderot’s art critic. Whereas evolution led language from nature to urbanity, in the Salons, being confronted to images, Diderot seems to go the way back, from urbanity to nature.

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