L’énonciation du discours intellectuel de guerre juste aux Etats-Unis de 1971 à 2005 : exploration socio-discursive des trajectoires et des propositions de Jean Bethke Elshtain, James Turner Johnson, Michael Walzer et George Weigel

par Guillaume Durin

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Jean-Paul Joubert.

Soutenue le 19-12-2011

à Lyon 3 , dans le cadre de Droit .

Le président du jury était Jean Leca.

Le jury était composé de Jean Leca, Klaus-Gerd Giesen, Nicolas Offenstadt, Brigitte Vassort-Rousset.


  • Résumé

    Depuis plus d’une soixantaine d’années, le débat de politique étrangère aux Etats-Unis fait référence à la « tradition » ou la « théorie » de la guerre juste et se décline en partie autour de conceptions, de critères et de postures qui y sont apparentés. La pratique est vivifiée par des philosophes, des politologues, des théologiens inscrits dans des contextes variés dont Michael Walzer, Jean B. Elshtain, James T. Johnson et George Weigel. Malgré des trajectoires et des choix dissemblables, ils ont notamment en commun de faire face à d’autres penseurs développant des perspectives moins enclines à admettre la mise en relation qu’ils pratiquent entre guerre et morale. Leurs prises de parole croisent celles de plusieurs séries de référents, d'alliés et de contradicteurs dont Reinhold Niebuhr, Paul Ramsey, William O’Brien, John Courtney Murray mais aussi Hans Morgenthau et plus récemment Richard Rorty, Noam Chomsky, Howard Zinn, Edward Saïd, Drew Christiansen, Martin L. Cook, John Langan, ou Bryan Hehir. La longévité de la communauté socio-discursive démontre la persistance d’un engagement intellectuel marqué par la volonté de promouvoir la justice et les principes éthiques et de dissoudre la dichotomie bellicisme/irénisme, cynisme/messianisme, pour défendre une « réalité morale de la guerre » située dans une forme avancée de « réalisme moral ». Les dynamiques à l’œuvre s’avèrent orientées par la recherche d’une « juste » conjugaison éthico-politique mais aussi par des logiques de positionnement et d’occupation au sein d’espaces délibératifs hautement conflictuels. Leur interprétation mobilise une perspective politologique socio-discursive et conflictualiste : socio-discursive car ancrée dans la pragmatique interactionniste développée par le linguiste Dominique Maingueneau et conflictualiste au sens que lui donne le sociologue Randall Collins. Elle souligne, pour finir, l’intérêt exploratoire des notions d’inter et de contre-discours mais aussi de communauté et de coalition socio-discursives.

  • Titre traduit

    The just war discourse in the United States from 1971 to 2005 : Socio-discursive exploration of Jean Bethke Elshtain, James Turner Johnson, Michael Walzer and George Weigel’s trajectories and approaches


  • Résumé

    For more than sixty years, the debate about the US foreign policy has referred to the “just war” theory. It has been based on conceptions and paradigms connected to that traditional notion of “just war” and invigorated by philosophers, political scientists or theologians including Michael Walzer, Jean B. Elshtain, James T. Johnson and George Weigel. The latter have different backgrounds and made dissimilar intellectual choices but they have common points, in particular a common aim to confront theorists that are not prone to link war and ethics. The “just war” thinkers interacts with several referred authors, with followers and detractors, including Reinhold Niebuhr, Paul Ramsey, William O’Brien, John Courtney Murray but also Hans Morgenthau and more recently, Richard Rorty, Noam Chomsky, Howard Zinn, Edward Saïd, Martin L. Cook, Drew Christiansen, John Langan, or Bryan Hehir. The durability of the socio-discursive community shows the persistence of an intellectual involvement characterized by the will to promote justice and ethical principles and to make the dichotomy between warmongering and irenicism, between cynicism and messianism, to defend the “moral reality of mar” belonging to an advanced form of “moral realism”. The dynamics at work turn out to be oriented by the seaking of a “just” combination between politics and ethics but also by positioning and occupancy logics within highly controversial deliberative areas. Therefore, the interpretation of the contemporary “just war” intellectual discourse requests the use of a socio-discursive and conflictualist perspective, issued from Dominique Maingueneau’s pragmatic theory and from Randall Collins’ sociology of intellectual conflicts. Lastly, the debates about a “just war” theory highlights interpretative interest of inter- and counter- discourse notions but also of socio-discursive coalitions and communities.

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