Du South Bronx à la periferia : empreinte du hip-hopper dans la cité : anthropologie du mouvement hip-hop à Fortaleza (Brésil)

par Sofiane Ailane

Thèse de doctorat en Sociologie et anthropologie

Sous la direction de José Jorge Pessanha Santiago.

Le président du jury était Jean-Claude Galey.

Le jury était composé de Pauline Guedj, François Laplantine.

Les rapporteurs étaient Alain Bertho, Xavier Vatin.


  • Résumé

    Dans cette thèse, il est fortement question de hip-hop, mais il est un merveilleux prétexte pour pouvoir parler d’autres choses sur la ville et sur l’ambiance urbaine. Il s’agissait au départ, de s’intéresser au hip-hop, de savoir s’il existait un hip-hop à la Brésilienne et comment s'actualisait le hip-hop à Fortaleza, ville du Nordeste. À partir des premières observations, j’ai pu constater que malgré une visibilité assez faible dans la ville, le travail des organisations du mouvement hip-hop au sein des communautés dites sensibles de Fortaleza est prépondérant. Se dressait alors un paradoxe entre une relative absence du hip-hop dans l’univers sonore de Fortaleza et une « hyper-présence » dans la periferia. Il faut donc comprendre le processus qui a amené le hip-hop à se « marginaliser » au Brésil et problématiser sa territorialisation dans les quartiers. Je montre que le hip-hop à Fortaleza ne s’est pas transposé tel quel dès sa sortie du Bronx. C’est finalement en se détachant des autres expressions urbaines comme le punk et le funk carioca que le hip-hop de Fortaleza s’est forgé en tant que « voie » pour une jeunesse délaissée. Ma thèse plonge le lecteur au cœur des pratiques du « hip-hop organisé », au travers des chroniques, des ateliers d’apprentissage ou des séminaires, qui donnent à voir ce qui caractérise l’action du mouvement hip-hop à Fortaleza. J’explique comment le hip-hop en tant que porte-drapeau d’une jeunesse populaire permet, en partie, par sa politique et son esthétique de sortir des logiques discriminatoires, mais aussi de la rhétorique territoriale qui est à la base de la formation des gangs. J’estime que les pratiques liées au mouvement hip-hop, au lieu de réactiver le stigmate qui pèse sur les populations habitant les quartiers périphériques, permettent à des jeunes de mobiliser un univers de pensée, à la fois proche de leur réalité tout en créant une pratique de la spatialité où la mobilité reste centrale. Cette mobilité est importante dans l’affirmation d’une citoyenneté complète et dans la construction d’une identité qui s’appuie sur son origine « marginale » au lieu de s’en affranchir.

  • Titre traduit

    From the South Bronx to the periferia : mark of the hip-hopper in the city : anthropology of the hip-hop movement in Fortaleza ( Brazil)


  • Résumé

    In this research, the main subject is hip-hop but it is a great topic to think about other matters such as the city and the urban context. At the starting point of my thesis, with my interest in hip-hop, discovering if there was a Brazilian version of hip-hop was my main objective, the question point was how it could be actualized in Fortaleza, a city located in the North East of Brazil. From the fieldwork, although I have noticed a limited visibility from its practices in the center town, the hip-hop, as a movement, was incredibly strong in the comunidades located in the suburbs of the city. There was this paradox which is interesting to issue. Thus, we need to understand the process which brought the hip-hop to be « marginalized » and territorialized into the suburbs. I argue the hip-hop does not simply transpose itself in Brazil, as an American expression from the South Bronx to the Brazilian suburbs; I prove the hip-hop constructed itself by an intense competition with other subcultures as punk and funk carioca. This process has led the hip-hop to be the voice of the marginalized suburb’s youth. My thesis is an intense work field in showing the practices of the « hip-hop organizado », by chronicles, seminars, and workshops which allow us to define what are the characteristics of the Fortaleza’s hip-hop. I explain how this music base subculture transformed itself as the voice of the youth from the suburbs, and how it allows, in certain moment and condition, the hip-hopper to avoid a discriminatory path and extract him from a territorial construction which is a common trajectory to the gangs. I think that the hip-hop practices, instead of maintain or reactivate the stigma, allow young people to travel to an another way of live, close to their reality by creating a spatial practice and increasing the mobility, in this way the hip-hopper is able to affirm a complete citizenship by constructing an identity based on his roots from the margins and not against it.

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