Chasseurs d’Afrique : safari de chasse et quête du sauvage

par Maxime Michaud

Thèse de doctorat en Sociologie et anthropologie

Sous la direction de Michèle Cros.

Le président du jury était Nélia Dias.

Le jury était composé de Sergio Dalla Bernardina, Isabelle Mauz, Julien Bonhomme, Olivier Leservoisier.


  • Résumé

    Des voyages de la fin du XVIIIe siècle au tourisme cynégétique contemporain, les relations entre l’Europe et le continent africain ont été marquées par la pratique de la chasse. Le terme safari, qui désigne la formalisation dans une activité codifiée de ces séjours de chasse, suffit à incarner une certaine image romantique de l’Afrique sauvage. À travers une ethnographie dans des zones de chasse du nord du Bénin et l’analyse de sources textuelles et iconographiques diverses, il s’agit d’interroger le sens que donnent les chasseurs d’hier et d’aujourd’hui à leur engouement pour le safari de chasse. Lié historiquement au colonialisme, celui-ci peut être interprété comme une forme symbolique d’appropriation, à travers la mise en trophée de l’animal, d’un continent réduit à sa nature sauvage. Mais cette conquête, malgré sa facilité apparente, nécessite toutefois une contextualisation permettant d’actualiser des représentations du sauvage : y compris dans sa version commerciale, le safari ne peut se réduire à l’acquisition d’un trophée à prix d’argent. Les chasseurs associent de plus à leur pratique tout un discours de légitimation tournant autour de l’éthique de la chasse, qui emprunte, de nos jours, à des registres humanitaires ou écologistes. Si le tourisme cynégétique est relativement marginal et contesté dans le monde occidental contemporain, les représentations qui l’accompagnent et le fantasme d’un sauvage à conquérir incarné par le continent africain semblent, pour leur part, particulièrement répandus.

  • Titre traduit

    Hunters of Africa : hunting safari and quest for the wild


  • Résumé

    Hunting has had a prominent place in the relations between Europe and the African continent, from the expeditions of the end of the 18th century through to contemporary hunting tourism. The word safari alone, which refers to the formalisation within a codified activity of these hunting trips, evokes a fairly romantic image of wild Africa. Using data from an ethnography in the hunting areas of north Benin, and with the analysis of various textual and iconographic documents, it is worth questioning the meaning that hunters of yesterday and today give to the their infatuation for safari hunting. Historically linked to colonialism, safari hunting can be interpreted as a kind of symbolical appropriation, in the shape of the hunting trophy, of a continent reduced to its wildness. This kind of conquest, however, in spite of its apparent ease, calls for a contextualisation to actualise the representations of the wild; even in its commercial version, a safari cannot be reduced to acquiring a paid-for trophy. Hunters furthermore link their activities to a legitimising discourse revolving around the ethics of hunting, a discourse which, nowadays, borrows from humanitarian or ecological discourses. Even though, on the one hand, hunting tourism is relatively marginal and controversial in the contemporary western world, the representations that go with it and the fantasy of a wilderness to be conquered – embodied by the African continent – are, on the other hand, particularly widespread.

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