Les enjeux du patrimoine au Liban : Baalbek : quelles échelles pour quels patrimoines ?

par Ghada Salem

Thèse de doctorat en Géographie, aménagement et urbanisme

Sous la direction de Isabelle Lefort.

Soutenue le 20-12-2011

à Lyon 2 , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Environnement, Ville, Societes (IRG) (laboratoire) .

Le président du jury était Michael F. Davie.

Le jury était composé de Edith Fagnoni, Olivier Lazzarotti, Henri Chamussy, Vincent Veschambre.

Les rapporteurs étaient Edith Fagnoni, Olivier Lazzarotti.


  • Résumé

    Pays où se croisent influences occidentale et arabe, le Liban est un laboratoire heuristique pour analyser la question patrimoniale. Son système politique confessionnel, sa société communautaire et sa situation stratégique au Moyen Orient en font un enjeu géopolitique. La construction nationale a approprié le regard orientaliste pour postuler une identité libanaise assise sur des mythes fondateurs ; elle a mobilisé les Libanais autour des valeurs communes de la nation afin de diluer les identités communautaires. La guerre civile a réactualisé ces identités et les communautés se sont emparées de leurs particularismes religieux au profit des acteurs divers qui s’affrontent au Moyen Orient et qui instrumentalisent la carte communautaire libanaise dans leurs confrontations. Le Liban a traversé deux périodes de construction identitaire : nationale et communautaire ; chacune de ces périodes a sécrété un patrimoine particulier. À Baalbek, ville connue par l’Occident à travers les récits des voyageurs, la construction nationale désigne le site archéologique comme patrimoine national. Or, ce site se caractérise par une sédimentation de couches culturelles qui sollicite une lecture patrimoniale différente selon des échelles : alors que le regard occidental y voit des temples romains, la population locale y voit une Qalaa (citadelle) arabe. Entre la romanité et l’arabité du site, l’État libanais a opté pour sa dimension phénicienne qui affirme que les Libanais sont les descendants des Phéniciens. Avec la remontée du pouvoir communautaire chiite dans la ville, un nouvel objet patrimonial émerge : le mausolée de Sit Khawla répond par son référentiel identitaire et la dynamique économique qu’il induit dans la ville, aux aspirations de la population locale recomposée communautairement. Il s’ensuit deux pôles patrimoniaux qui coexistent dans l’espace de Baalbek. Cette bipolarité patrimoniale renvoie à des enjeux, des logiques d’acteurs et des acceptions du patrimoine que cette thèse s’attache à analyser.

  • Titre traduit

    The stakes of heritage in Lebanon : Baalbek : what scales for which heritages?


  • Résumé

    A country influenced by both the Western and Arab world, Lebanon is a heuristic laboratory to analyze heritage questions. Its confessional political system, community social structures and strategic location in the Middle East contribute to make it an important geopolitical stake. The Lebanese nation-building process appropriated the Orientalist gaze to force a national identity based on several founding myths. It sought to gather the Lebanese around national common values, and so weaken the community identities by promoting the image of a socio-cultural mosaic. The civil war refreshed these identities, and the communities seized their specific religious particularisms, which the regional powers in the Middle East manipulated for their power game. Lebanon witnessed two periods of identity-building: national and community, each of them inventing a particular heritage object. In Baalbek, a city that was familiar to the West thanks to travellers, nation-building process appointed the archaeological site as a national heritage. However, the site is characterized by sedimentation of several cultural layers, each participating in different scales of heritage interpretation: while the Western gaze sees Roman temples, the local gaze sees an Arab Qalaa (citadel). In addition to the Roman and Arab identity of the site, the Lebanese state stressed its Phoenician dimension favourable to its national discourse which affirms that the Lebanese are the descendants of Phoenicians. With the rise of Shiite community power in the city, a new heritage object attracts the local level: the mausoleum of Sit Khawla responds to the aspirations of local population, by its referential identity and its economic dynamics which it has induced in the city, now recomposed on a community basis. As a result, two heritage centres coexist in Baalbek’s space. This bipolarity underlines heritage issues, the actors’ logics and the different significance of the conception of heritage, which this thesis attempts to analyze.


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