Appariement sur le marché du travail et filière migratoire en Inde : le cas des ouvriers du bâtiment

par Jean-Dilip Sen Gupta

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Laurent Cordonnier.


  • Résumé

    Si la croissance économique indienne s’accompagne depuis les années 80 d’une réduction de la pauvreté, elle se polarise au Sud et au Nord-Ouest de l’Inde. La migration temporaire constitue l’une des réponses choisies par les populations originaires du Bihar au maintien des disparités économiques régionales. La thèse s’appuie sur un travail de terrain mené à Delhi. La filière migratoire empruntée par des migrants originaires principalement du Bihar et à destination de Delhi est analysée dans une perspective historique, à l’échelle des ménages, puis en mettant l’accent sur l’inscription de ces mobilités dans le cadre de réseaux migratoires. Pour parvenir en ville, les migrants s’appuient en effet sur deux types de réseaux. Ces réseaux ne se recouvrent pas et contribuent à la segmentation spatiale du marché du travail. Les modalités et les bénéfices de la migration dépendent alors du type de réseaux dans lequel s’inscrivent les migrants. L'auteur examine plus particulièrement les ressorts de la mobilisation de ces réseaux migratoires du point de vue des employeurs. En privilégiant la recommandation des travailleurs en poste, plutôt que de recourir aux marchés locaux du travail sur lesquels les migrants recherchent de l’ouvrage, les employeurs contribuent à la segmentation du marché du travail. L'approche méthodologique utilisée pour traiter du problème fait appel aux typologies et à l'économétrie qualitative. L’auteur défend l’idée que les employeurs organisent et entretiennent ces réseaux migratoires dans le cadre de pratiques de recrutement destinées à stabiliser la main-d’œuvre d’une part et à assurer la formation de la main-d’œuvre d’autre part.

  • Titre traduit

    Matching on the labour market and migration streams in India : a case study of migrants in the construction sector


  • Résumé

    While the improvement of the GDP growth rate since the late 1980’s is associated to a decreasing population living under the poverty line, there are still deep economic disparities between States in India. Short-term migration is one of the livelihood strategies chosen by households from Bihar to accommodate themselves with those persistent regional disparities. This statement is supported by our fieldwork among migrants in Delhi. The migration stream used by migrants from Bihar to Delhi is analyzed in an historical perspective, at the level of households concerned by those migrations and from the point of view of the migration networks used by workers to get access to urban employment. Migrants are embedded in two types of networks which are organized in two different ways their access to the urban labor market. Those two migration networks do not overlap and the patterns and the gains related to the migration decision depend on the type of migration networks used by the workers. The author considers more particularly the role of such migration networks from the point of view of employers. Those streams are obviously built-in by successive waves of migrants. Besides these streams are also founded and maintained by employers. While using referrals rather than recruiting workers at the street corner labor markets, employers contribute to the labor market segmentation. To deal with this problem, the author leans on econometric analysis and typologies. The main idea stressed by the author is that referrals are a device that allows employers to organize the training of workers and reduce labor turnover in a context of an overwhelming use of short-term labor contracts.


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