Les bases militaires des États-Unis et de l’OTAN en Grèce. Équilibres géostratégiques, dynamiques sécuritaires et luttes d’influence en Méditerranée orientale depuis la Guerre froide. : 1947 − 2007

par Fotini Katy Mirante-Psaltakis

Thèse de doctorat en Géopolitique

Sous la direction de Catherine Durandin.

Soutenue en 2011

à Paris, INALCO .


  • Résumé

    L'installation de bases militaires sous l'égide des États-Unis et de l'OTAN en Grèce advient dans le contexte particulier de la Guerre froide. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale et du fait de la bipolarisation des rappotis de force mondiaux, les autorités américaines ont pour objectif de déployer un réseau de bases militaires qui encadre le tenitoire soviétique. La volonté des États-Unis est de contrecarrer les aspirations expansionnistes des régimes communistes, ainsi que d'entraver tout développement de leur influence géopolitique extérieure. La Grèce, dont l'intégration dans l'orbite occidentale s'achève par son enrôlement dans l'OTAN en 1952, apparaît comme l'un des points d'appui déterminants de ce dispositif militaire. Le territoire hellénique est inscrit dans une stratégie de domination spatiale, affectée à l'ensemble de la Méditerranée orientale et permise par une complémentarité géostratégique gréco-turque et indirectement chypriote. Or, l'efficacité du flanc Sud­ Est de l'OTAN est fragilisée par les conséquences du contentieux qui oppose la Grèce et la Turquie. Le conflit turco-hellène conforte en effet le développement de coalitions de substitution, satellisant le bassin oriental de la Méditerranée et l'écheveau de relations litigieuses limitrophes. La déliquescence de l'Union soviétique en 1991 a soumis la région à quelques mutations profondes, confortées par un nouvel ordre géopolitique mondial, lui-même marqué par la suprématie stratégique et militaire des États-Unis. Selon toute vraisemblance, la récurrence, la complexité et la virulence des tensions au Proche-Orient ; l'acheminement et la sécurisation du pétrole arabe et caspien, sous l'égide de la Russie ; la nécessité de contrôler la circulation maritime dans l'Est-méditerranéen ; la diversification des menaces attenantes; l'affirmation des réseaux terroristes moyen-orientaux et la stabilité des équilibres géostratégiques régionaux, tendent à légitimer la présence durable de quelques bases militaires américaines en Grèce et au-delà. Or, l'évolution des moyens stratégiques et nucléaires, ainsi que l'accroissement du rayon d'action des missiles, supposent que nulle position géographique ne soit primordiale pour atteindre une cible, assurer une stratégie dissuasive et protéger certains intérêts définis comme stratégiques. Depuis l'achèvement de la Guerre froide, la signification, l'évolution et le déplacement des enjeux privilégiés par les États-Unis impliquent le maintien d'un dispositif défensif adapté et opérationnel en Méditerranée orientale, ainsi que le déploiement de nouvelles bases militaires dans les régions limitrophes : Balkans, Caucase, Asie centrale, Proche- et Moyen-Orient. Cette volonté d'élargir l'espace stratégique américain semble réaffirmer l'importance d'un système militaire en réseau. . .

  • Titre traduit

    The United States' and NATO's Military Sites in Greece. Geostrategical Balances, Security Dynamics and Struggles for Influence in the Eastern Mediterranean since the Cold War : 1947-2007


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  • Résumé

    The presence of United States' and NATO's military sites in Greece occurs in the particular context of the cold war because of the East-West confrontation strategy raging on both sides of the Iron Curtain. Right from the end of the World War Two and the advent of a bipolar geopolitical balance of world power struggles, American ambition makes every effort to create a belt of military sites surrounding the Soviet territory, in order to counter the expansionist ambitions of the Soviet system and to reduce the geopolitical influence of the former USSR. Greece, whose integration into the Western sphere of influence is completed by its entry into NATO in 1952, appears to be one of the main links in this geostrategic chain. Consequently the Greek area is in keeping with a spatial domination strategy, applied to the whole Eastern Mediterranean countries and supported by a Greek­ Turkish and indirectly by a Greek-Cypriot military complementarity. However effectiveness of the NATO's south-east side is weakened by the harmful impact of the dispute between Athens and Ankara. The conflict's vigorous nature leads to an increasing number of substitute coalitions which make the Eastern Mediterranean countries and the tangle of border contentions relations into a satellite. Since the ousting of the Soviet threat, configuration of the regional geostrategic scene shows deep changes, generated by the rise of a new world geopolitical order, itself created by the American military supremacy. Range of tensions in the Middle East, Arab and Caucasian oil transportation in the bosom of Russia, sea traffic control within the Mediterranean strategie crossroads, development of Middle Eastern terrorism and preservation of an optimal regional security are as many major stakes which justify the presence of American military sites in Greece and in its outlying area. But, the evolution of the military and nuclear means, as weil as the increase in the missiles range of action lead to suppose that no geographie position is primordial to reach a target, to ensure a dissuasive strategy and to protect the future of particular interests. Since the end of the cold war, the meaning, the evolution and the moving of American's stakes are strengthening a lasting network of defensive installations in the Eastern Mediterranean, as they imply the deployment of new military sites on border territories : Balkans, Caucasus, Central Asia and Middle East. This will to develop the American strategie space seems to reaffirm the importance of a network military system. . .

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Informations

  • Détails : 1 vol. (651 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 570-597. Annexes

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