L' élaboration d’une historiographie native à Taiwan à l’ère contemporaine

par Damien Morier-Genoud

Thèse de doctorat en études chinoises

Sous la direction de Anne Cheng.

Soutenue en 2011

à Paris, INALCO .


  • Résumé

    La présente étude se propose d'analyser plusieurs tentatives de relecture de l'histoire taiwanaise au cours des quatre dernières décennies. Cet effort collectif et composite de réinterprétation du passé est l'œuvre d'opposants au régime nationaliste chinois à Taiwan et de chercheurs issus du milieu académique qui, ensemble, ont entrepris d'exhumer la réalité intrinsèque et le vécu historique propre de la société insulaire jusqu'alors occultés par l'historiographie au service du pouvoir. Alors que le Parti nationaliste chinois (Kuomintang) avait imposé dans l'île, après 1945, une lecture du passé largement étrangère à la population locale, un récit d'inspiration nativiste, fondé sur une perspective historique centrée sur Taiwan, s'est élaboré au tournant de la décennie 1980. En rupture avec la doxa nationaliste chinoise d'après-guerre, ce récit a été favorisé par la libération du régime insulaire et la montée du nationalisme taiwanais, en même temps qu'il en a été le catalyseur. La réflexion engagée dans ce travail s'intéresse sous l'angle discursif et narratif aux divergences d'interprétation qui sous-tendent l'histoire de Taiwan et ses modalités d'écriture à l'ère contemporaine. A quels types de constructions intellectuelles la réévaluation du passé insulaire par les activistes et les chercheurs taiwanais s'est-elle prêtée au cours des quarante dernières années ? Quelles grilles de lectures ressortent de l'élaboration d'une histoire proprement taiwanaise affranchie de la fiction nationaliste chinoise de la période autoritaire ? Sur quoi porte, au juste, cette nouvelle histoire ? Enfin, quels outils, quels modèles d'analyse aident potentiellement à sa compréhension ?

  • Titre traduit

    The making of a native historiography in contemporary Taiwan


  • Résumé

    This study seeks to analyse a collective and heterogeneous effort, over the past forty years, by which some of the opponents and scholars of the Chinese nationalist regime in Taiwan tried to break with a Chinese historiographical tradition, imposed on the island in 1945 bythe Kuomintang, in order to rethink the intrinsic reality and the historical past of Taiwan's island society. Whereas the Kuomintang had imposed in the post-war period an all-encompassing historical narrative extraneous to the inhabitants of the island, from the end of the 1970s, some of the political activists and scholars of Taiwan undertook to re-evaluate their past and to redefine their own history in a new Taiwan-centred perspective. Breaking with the Chinese nationalist doxa and marked by a nativist inspiration, this narrative has emerged in the wake of the liberalisation of the island's regime and the rise of a Taiwanese nationalism, while it has also served as a catalyst to them. This work will analyse, from narrative and discursive angle, the discrepancies that underlie Taiwanese history and its modalities of writing from the contemporary era onwards. To which types of intellectual constructions have the re-reading and re-writing of Taiwan's past been submitted for the last four decades ? What kinds of narrative and historical perspectives emerge from the making of a new history of Taiwan freed from the Chinese nationalist fiction inherent to Kuomintang's authoritarian rule ? What exactly is this new history of Taiwan concerned with ? What tools and frames of knowledge are we potentially armed with to grasp its own process ?

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Informations

  • Détails : 1 vol. (451 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 375

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