Le masculin et le féminin au prisme de la santé et de ses inégalités sociales

par Anne-Sophie Cousteaux

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Alain Chenu.

Soutenue en 2011

à Paris, Institut d'études politiques .


  • Résumé

    Cette thèse s’attache à décrire et à expliquer les différences entre hommes et femmes en matière de santé, y compris dans leurs variations sociales. Elle envisage la santé comme un prisme de lecture de la construction sociale du masculin et du féminin et des rapports de domination entre hommes et femmes. Elle se concentre sur deux questions. Pourquoi les femmes se déclarent-elles en plus mauvaise santé alors qu’elles vivent en moyenne plus longtemps que les hommes ? Pourquoi les inégalités sociales de santé et de mortalité semblent-elles moins prononcées chez les femmes ? Cette recherche s’appuie sur l’analyse secondaire de données quantitatives, principalement celles de l’INSEE. Par l’étude des expressions genrées du mal-être, elle met en évidence l’origine sociale commune de la mortalité prématurée des hommes (liée à l’alcool, au tabac, au suicide, à la violence) et de la sur-morbidité des femmes (essentiellement manifestée par des troubles psychologiques et somatiques). Par ailleurs, elle montre que la principale explication de la moindre ampleur des inégalités de santé chez les femmes en France tient aux mécanismes genrés de sélection par la santé (changement de travail pour les hommes, inactivité et temps partiel pour les femmes). Sur le plan théorique, cette thèse conduit à réexaminer la notion de domination masculine, en mettant en évidence le « coût » en termes de santé qu’acquittent les femmes qui souhaitent s’en abstraire et la préservation de la santé que permettent, à l’inverse, les opportunités de retrait du marché du travail pour les femmes, et en montrant les composantes paradoxales de l’égalisation des conditions masculine et féminine en matière de santé.

  • Titre traduit

    Gender through the prism of health and its social inequalities


  • Résumé

    This thesis aims to describe and explain gender differences in health and in its social inequalities in France. It considers health to reveal the social construction of masculinity and femininity as well as the social relationships between men and women. It focuses on two research questions. Why do women consistently report worse health status whereas they live longer than men? Why are social inequalities in health and mortality lower among women than among men? This research is based on quantitative data mostly from the French National Institute of Statistics and Economic Studies (INSEE). It highlights that male premature mortality (due to alcohol, tobacco, suicide, and violence) and female morbidity (reported through psychological and somatic troubles) originate in gender differences in expressing and coping with mental distress. It also shows that the main explanation for the smaller health inequalities among women in France comes from the gendered mechanisms of health selection (changing jobs for men, non-working and working part-time for women). Theoretically, this thesis leads to reconsider the notion of male domination when underlining the health “costs” for non-married and highly educated women and the health “advantages” for married women who have the opportunity to withdraw (temporarily or partially) from the labour market. Finally, it emphasizes the paradoxical components of gender equality in health.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (566 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. [523]-566

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