L’avatar du Moi : l’évolution théorique de la poétique d’Antonin Artaud

par Atsushi Kumaki

Thèse de doctorat en Littérature Française

Sous la direction de Jean-Marie Gleize.

Le président du jury était Jean-Yves Debreuille.

Le jury était composé de Jean-Marie Gleize, Jean-Yves Debreuille, Jean-Pierre Bobillot, Vincent Vivès.

Les rapporteurs étaient Jean-Pierre Bobillot, Vincent Vivès.


  • Résumé

    Le but de la présente thèse est de retracer le changement théorique qu’a réalisé Antonin Artaud de la notion du moi, et par là d'éclairer la poétique particulière qu’il a établie à la fin de sa vie. La 1ère partie focalise ses premiers écrits et surtout la maladie dans laquelle il ne pouvait penser. Qu’est-ce que l’impossibilité de penser ? Pour lui cette maladie n’est qu’un dysfonctionnement psychologique. Sa maladie consiste à son incapacité de faire correspondre rétrospectivement sa pensée intérieure aux paroles extériorisées. A l’époque le moi artaldien restait minimisé. Il s’agit dans la 2e partie de la théorie du théâtre qu’il développait toute sa vie. Certes sa théorie reste cohérente en ce sens qu’il s’agit toujours de la relation entre le texte et l’acteur. Mais dans les années 30 comme le texte fonctionne comme un double qui hante le moi de l’acteur et lui demande tel ou tel acte, le texte se trouve toujours antérieur à l’acteur. Par contre, dans les années 40, Artaud n’accepte plus l’antériorité du texte par rapport à l’acteur, ce qui rend impossible le théâtre au sens ordinaire du terme. La 3e partie aborde l’hypertrophie du moi artaldien. Or cette centralité du moi artaldien n’est pas un solipsisme car ce n’est que rétrospectivement qu’il peut dire « tout est sorti de moi ». Cette rétrospectivité lui permet de développer sa propre poétique à travers la lecture des Chimères de Nerval où il établit un nouveau sujet littéraire : sujet de lecture qui domine rétrospectivement l’espace poétique. L’hypertrophie du moi n’est point un symptôme de la schizophrénie, mais un support théorique à la poésie contemporaine, comme la poésie sonore ou littéraliste.

  • Titre traduit

    The change of the ego : the theoretical development of the poetics of Antonin Artaud


  • Résumé

    The purpose of the present thesis is to redraw Antonin Artaud's theoretical change of the notion of the ego, and to clarify the particular poetics that he established at the end of his life. The 1st part of the thesis focuses his early writings and especially the disease by which he could not think. What is the impossibility to think? For him this disease is only a psychological dysfunction. His disease consists in his incapacity to make, afterward, his internal thought correspond to the exteriorized words. At the time Artaud's ego remained minimized. In 2nd part, it is a matter of the theory of theater that he developed all his life. While his theory remains coherent in the sense that it is always about the relation between the text and the actor. But in the 30s as the text works as a double that haunts the ego of the actor and asked him a particular act, the text is always previous to the actor. On the other hand, in the 40s, Artaud does not accept any more the anteriority of the text with regard to the actor, what makes impossible the theater for the common sense of the term. The 3rd part approaches the hypertrophy of Artaud's ego. But this centrality of the ego is not solipsism because it is only afterward that he can say "everything went out of me". This rétrospectivité allows him to develop his own poetics through the reading of Les Chimères of Nerval where he establishes a new literary subject: subject of reading which dominates afterward the poetic space. This hypertrophy of the ego is not a symptom of the schizophrenia, but a theoretical support in the contemporary poetry, as the sound poetry or literalist poetry.


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