Physicalisme et qualia : limites de la rationalité scientifique au XXe siècle

par Anna Ciaunica

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Alain Boutot.

Soutenue le 24-09-2011

à Dijon , dans le cadre de Ecole doctorale Langages, Idées, Sociétés, Institutions, Territoires (Dijon) , en partenariat avec Centre Georges Chevrier (Dijon) (laboratoire) .

Le président du jury était Jean-Michel Roy.

Le jury était composé de Peter Simons.

Les rapporteurs étaient Michel Bitbol, Filip Buekens.


  • Résumé

    Réduit à sa plus simple expression, ce travail de recherche met face à face deux acteurs s’affrontant dans un duel philosophique : le physicalisme et l’argument de la connaissance de Franck Jackson. La question clé autour de laquelle s’agencera notre discussion ici est (1) Est-il vrai que « Tout est physique » ? Le coeur de la thèse que nous défendons peut être résumé ainsi : (T) Le clivage post-platonicien (tacite) entre les formes objectivées et les formes subjectivées de la pensée, provoque des fossés explicatifs (explicites), qui sont franchis (très souvent) via des sauts conceptuels (mystérieux), intercalés entre les étapes d’une argumentation. Il sera argumenté ici que la distribution actuelle des débats sur l’axe états physiques (objectifs) / états qualitatifs (subjectifs) subit une pression souterraine post-platonicienne. Conséquemment, une bonne partie de l’énergie des penseurs actuels est dépensée à la recherche du « bon saut » ou « crochet » conceptuel permettant d’attacher les rives du mental à celui du physique. Nous soutiendrons que le coeur du problème ne consiste pas à résoudre le différend entre les physicalistes et les avocats des qualia, mais plutôt à trouver la réponse à la question : pourquoi en sommes-nous arrivés là, i.e., à ce clivage sur l’axe phénoménal/physique ?

  • Titre traduit

    Physicalism and qualia


  • Résumé

    “Everything is physical” physicalists claim. “Everything except qualia” reply the defenders of the Knowledge Argument. This thesis argues that both parties to this debate are committed to a traditional picture according to which one can tacitly adopt the standpoint of an off-stage narrator, capable of distinguishing ab initio between the different items in this conceptual scenario. The main claim here is that every time we artificially introduce a sharp conceptual distinction separating these two items or levels (mental and physical), we must automatically make a sophisticated conceptual leap in order to link the first-person qualitative perspective with the external physical world. Thus the physicalism/qualia dispute is only a by-product of an extended theoretical conception of the mind/world link which entails two distinct kinds of problems: (i) structural problems (to define and determine conceptually dual items like thought/matter, reason/senses, subject/object, etc.). Such problems require us to question “how are these items supposed to work together?” and this leads us to the second group of problems: (ii) mediation problems. The first group of problems inevitably leads to explanatory gaps; the second ends up needing to appeal to conceptual leaps in order to ensure the necessary link between two separate items. This exerts a powerful influence over the cast of our thoughts: seen from this angle, all philosophical enterprise comes down to the question of where to place the three following parameters: the world as it is, the conceptual picture which aims to represent the world as it is and the theorist-painter gifted with the ability to capture the world picture as it is. We also face the problem of finding the right mediators to assure coherence among the members of this trio, and the problem of setting the valid criteria guaranteeing the theorist-painter that what is captured on his conceptual canvas does indeed correspond to the world as it is, i.e. that he is not laboring under the delusions of an evil genie. In this thesis I argue against this way of putting things.


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