La matrice morphologique de la pensée esthétique de Maurice Merleau-Ponty

par Simone Frangi

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Pierre Rodrigo et de Salvatore Tedesco.

Soutenue le 25-03-2011

à Dijon en cotutelle avec l'ITALIE - Université de Palerme, dans le cadre de Ecole doctorale 491 Langages, Idées, Sociétés, Institutions, Territoires (Dijon), en partenariat avec Centre Georges Chevrier (Dijon) (laboratoire) .

Le président du jury était Luigi Russo.

Les rapporteurs étaient Renaud Barbaras, Mauro Carbone.


  • Résumé

    AL'objectif de cette recherche est une réinterprétation de la pensée esthétique de Maurice Merleau-Ponty visant à la découverte de sa matrice morphologique, c’est-à-dire de sa pertinence et de ses dettes à l’égard la tradition goethéenne et de ses développements dans le domaine de la théorie de l'art et la philosophie de la nature. La thèse est divisée en trois chapitres, dont chacun cherche à mettre l'accent sur les différents aspects de cette filiation morphologique, suivant son développement dans la chronologie de la production merleau-pontienne. Le premier chapitre tente de relier la méthode morphologique et la méthode phénoménologique en évaluant la similarité de leurs contenus esthétologiques. Ce premier chapitre est organisé autour de trois concepts clés de la morphologie, à travers les quels il opère un premier examen de la philosophie merleau-pontienne, depuis ses débuts dans les années Quarante jusqu’à ses résultats ontologiques dans les années Cinquante et les années Soixante: l'ambiguïté de la notion goethéenne de forme nous permet de remonter à la genèse de la philosophie merleau-pontienne de la forme dans La structure du comportement et dans Phénoménologie de la perception; la notion corrélative de symbole permet d'aborder les notions merleau-pontiennes d’idée sensible et matrice symbolique, en les rapprochant à l’Urphänomen de Goethe; la catégorie transversale de style est configuré comme un outil d'enquête des questions morphologiques dans la pensée esthétique de la «nouvelle ontologie» (L’œil et l’esprit [1958] e le Notes de Cours au Collège de France 1958-1959 et 1960-1961). Dans ce chapitre, nous démontrons la confrontation essentielle et constante avec des expériences artistiques (Cézanne, Klee, Rodin, Bazaine et l’Ecole de Paris), convoquées par Merleau-Ponty à l'appui de ses théories esthétologiques. Le chapitre est clôt par un bref appendice sur la question de la fondation “scientifique” de l'esthétique, mis au point par une comparaison entre Merleau-Ponty et Konrad Fiedler. Cette annexe ouvre en même temps le champ de recherche du deuxième chapitre: en fait, compte tenu de la contribution à l'esthétique fournie par la psychologie et la physiologie de la perception, la thèse se plonge dans l'analyse de la voie gestaltiste de la dette merleau-pontienne de la morphologie. Le deuxième chapitre suit le passage qui porte – au sein de la production merleau-pontienne des années Cinquante – d’une philosophie de la forme à une philosophie de l’expression et il fournit la reconstruction de celle qui apparaît comme une véritable esthétique de l’expression et du mouvement. Cette recherche se fonde sur l’analyse attentive de l’inédit Le monde sensible et le monde de l’expression, actuellement conservé dans le Département de Manuscrits Occidentaux de la Bibliothèque Nationale de France et correspondant à la préparation du Cours du Jeudi tenu par Merleau-Ponty au Collège de France dans l’année académique 19952-1953. Le travail d’analyse de l’inédit nous a permis d’évaluer, en plus des inhérences déjà confirmées de l’esthétique merleau-pontienne à la Gestalttheorie (Köhler, Koffka, Wertheimer, Guillaume), une autre comparaison théorique capitale – et assez méconnue -, c’est-à-dire celle avec Viktor Von Weizsäcker par rapport les relations entre la perception et le mouvement. Le troisième chapitre se concentre sur la phase ontologique de la pensée merleau-pontienne, celle qui correspond à la production tardive de Merleau-Ponty et brusquement interrompue par sa mort prématurée en 1961. Central, dans ce troisième chapitre, est la reconstruction du destin de la notion de Gestalt dans Le visible et invisible, qui présente la novelle ontologie de la chair et un contexte philosophique complètement reformé par rapport aux écrits merleau-pontiens des années Quarante. Les paragraphes centraux de ce dernier chapitre se concentre - à travers une comparaison avec des auteurs étroitement liée à Merleau-Ponty - etc

  • Titre traduit

    The morphological matrix of Merleau-Ponty's aesthetics


  • Résumé

    The aim of this project is to provide an alternative reading of Merleau-Ponty’s aesthetics by discovering its morphological matrix and its debts towards the Goethean tradition and towards its developments in the field of art theory and the philosophy of nature. The dissertation is divided into three chapters, each of which seeks to focus on different aspects of the morphological roots of phenomenological aesthetics, in order to follow its developments in the Merleau-Ponty’s production. The first chapter is an attempt to relate morphological method and phenomenological method by evaluating the similarity of their aesthetological contents. This initial chapter is organized around three key concepts of morphology, through which it operates a first screening of merleaupontian philosophy, from its beginnings in the Forties up to its ontological outcomes during the Fifties and the Sixties: the ambiguity of Goethe's notion of form allows us to reconstruct the genesis of the philosophy of form in Merleau-Ponty’s Structure of Behavior and Phenomenology of Perception; the related concept of symbol helps us to realte Merleau-Ponty’s notions of idée sensible and symbolic matrix to Goethe’s Urphänomen; the transversal category of style is configured as a tool for investigation of the morphological issues in the aesthetic thought of the merleaupontian "new ontology". In this chapter we also demonstrate the crucial importance of constant confrontation of Merleau-Ponty with artistic experiences (such as Cézanne, Klee, Rodin, Bazaine and the Ecole de Paris), convened by the philosopher in support of his aesthetological theories. The chapter ends with a brief appendix on the question of the scientific foundation of aesthetics, developed through a comparison between Merleau-Ponty and Konrad Fiedler. This appendix opens simultaneously the search field of the second chapter: in fact, considering the contributions to the aesthetics provided by psychology and physiology of perception, the dissertation goes into the analysis of the role of the Gestalttheorie in Merleau-Ponty’s morphological debt. The second chapter follows the evolution of a theoretical passage in Merleau-Ponty’s production of the Fifties - from a philosophy of form to a philosophy of expression – ending up in the reconstruction of what seems to be a complete aesthetic of expression and of movement. This part of the research project is based on the deep analysis of an unpublished document (Le monde sensible et le monde de l'expression) - currently preserved at the Bibliothèque National de France - corresponding to the lectures given by Merleau-Ponty in the biennium 1952-1953 at the Collège de France. The work of analysis of the document was to assess, in addition to already confirmed inherences of Merleau-Ponty’s aesthetics to Gestalt psychology (Köhler, Koffka, Wertheimer, Guillaume), another crucial theoretical comparison of those years, the one with Viktor von Weizsäcker on the relations between perception and movement. The chapter closes with an appendix which tries to pick up the threads of the contributions to aesthetics theories that Merleau-Ponty develops within his philosophy of nature; this appendix embodies the attempt to read Merleau-Ponty’s aesthetics in terms of philosophy of morphogenesis and productivity The third chapter concentrates on the late ontological phase of Merleau-Ponty’s production - corresponding to the years between 1958 and 1961 - abruptly interrupted by his early death. Central, in this third chapter, is the reconstruction of the fate of the concept of Gestalt in the framework of the text The visible and the invisible, that is structured within the newly formed ontology of the flesh and on the background of a completely reformed philosophical landscape. The central paragraph of this chapter concentrate, through a comparison with two authors closely related to Merleau-Ponty - etc

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