Impact d'une invalidation de LXRα sur la physiologie prostatique : un dialogue avec la signalisation androgénique

par Emilie Viennois

Thèse de doctorat en Physiologie et Génétique Moléculaires

Sous la direction de Jean-Marc Lobaccaro et de Laurent Morel.

Le président du jury était Laurent Guy.

Le jury était composé de Frank Claessens, Marc Poirot, Silvère Baron, Jocelyn Ceraline, Hervé Guillou.

Les rapporteurs étaient Frank Claessens, Marc Poirot.


  • Résumé

    L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est une pathologie qui affecte 50% des hommes dès l’âge de 60 ans et qui conduit à des troubles de la miction. L’HBP se caractérise par une hypertrophie exclusive ou composite de plusieurs compartiments tissulaires de la prostate que sont l’épithélium, le stroma et les fibres musculaires qui définissent respectivement les composantes glandulaire, fibreuse et musculaire de cette pathologie. Il a récemment été montré que les souris dépourvues en récepteurs nucléaires LXR (Liver‐X‐receptor) α (souris lxrα‐/‐) développent une hypertrophie de la prostate dont les signes histologiques évoquent une HBP de type fibreuse. Par ailleurs, un des traitements de l’HBP, vise à éteindre la signalisation androgénique en inhibant la conversion de la testostérone en son métabolite actif, la dihydrotestostérone (DHT). Le phénotype d’hypertrophie de la prostate pourrait donc également s’expliquer par une altération de la signalisation androgénique dans les souris lxrα‐/‐. Dans ce contexte, notre projet de recherche a été centré sur l’étude du rôle des LXR dans l’apparition de l’HBP dans sa composante glandulaire et l’analyse des relations moléculaires associant les signalisations dépendantes de LXRα et du récepteur des androgènes (AR) au sein de la prostate. Le phénotype d’HBP observé dans les souris lxrα‐/‐ résulte d’altérations importantes de l’homéostasie de l’épithélium qui miment la composante glandulaire : 1) une activité sécrétoire accrue ; 2) une altération des processus de sécrétion associée à une altération de l’expression des gènes codant des protéines du transport vésiculaire ; 3) une réponse altérée de certains gènes androgéno‐dépendants associée à une hypersensibilité aux androgènes ; 4) des modifications du réseau paracrine reliant le stroma et l’épithélium. Au final, ces travaux définissent LXRα comme un acteur clé de l’homéostasie prostatique et ouvrent des pistes intéressantes pour la compréhension de l’étiologie de l’HBP chez l’homme. Ces résultats montrent qu’il est possible de moduler la réponse androgénique de la prostate en ciblant LXRα. Ainsi, à plus long terme, l’activation pharmacologique de LXRα constitue une piste potentielle dans le traitement de l’HBP.


  • Résumé

    Benign prostate hyperplasia (BPH) is a very common prostatic disorder that affects 50% of men after 60 years. In BPH, prostate enlargement causes urinary disorders. BPH is characterized by a hypertrophy of several tissue compartments such as the epithelium, stroma and/or muscle fibers. Hence, three main forms of BPH have been described : glandular, fibrous and muscular form. It has been recently shown that LXR (Liver‐X‐receptor) α (lxrα‐/‐) mice develop a prostate enlargement with histological signs of fibrous BPH. Inhibition of testosterone conversion into DHT is one the most effective pharmacological treatment of BPH. Thus, the lxrα‐/‐ prostate phenotype could be in part due to an alteration of androgen signaling. In this context, the aim of this work was to study the role of LXR in glandular BPH development and to understand the relationships between LXRα and the androgen receptor (AR) dependent signaling pathway in prostate. The prostate enlargement observed in lxrα‐/‐ mice results from major alterations in epithelium homeostasis mimicking the glandular alteration of BPH : 1) increase of secretory activity ; 2) alteration of the secretory process associated with altered expression of vesicular transport protein encoding genes ; 3) a disruption in the response of androgen‐dependent genes associated with androgen hypersensitivity ; 4) changes in the paracrine network between stroma and epithelium. Finally, this work defines LXRα as a key player in prostate homeostasis and opens interesting way to the understanding of BPH etiology. These results show that targeting LXRα modulate the prostate androgenic response. Thus, pharmacological activation of LXRα could constitute a new option for the treatment of BPH.


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