Sylvie Germain : l'écriture de l'attente

par Bogdan Veche

Thèse de doctorat en Doctorat Littérature française

Sous la direction de Sylviane Coyault et de Rodica Lascu-Pop.

Le président du jury était Jean-Bernard Vray.

Le jury était composé de Mihaela Pasat, Liana Pop, Pascale Auraix-Jonchière.

Les rapporteurs étaient Jean-Bernard Vray, Mihaela Pasat.


  • Résumé

    La présente étude se donne pour but d'analyser l’œuvre romanesque de Sylvie Germain par le biais du concept d'attente. Notre intérêt a été suscité par l'articulation interne des premiers livres, tributaire de la subtile mise en place d'un réseau proleptique qui est symptomatique non seulement de l'instauration d'un pacte, à la suite duquel le lecteur esquisse son horizon d'attente, mais également d'un effort que l'auteur déploie –consciemment ou non – afin de garder une bonne emprise sur le récit. Si l'écrivain ne développe pas de théorie autour de l'attente et n'en fait pas le pivot de son écriture, les récits abondent en situations qui sont sous-tendues par elle. Le titre de la thèse rend compte des deux niveaux auxquels nous avons interrogé la production romanesque de Sylvie Germain, à savoir textuel et diégétique. Le tout s'organise à partir d'une structure ternaire dont le point de départ est l'ébauche d'une poétique de l'attente reposant principalement sur des avant-textes, sur un appareil paratextuel très dense et sur l'emploi d'anticipations par infusion de détails qui créent un effet d'échos et de correspondances par rapport au développement diégétique. La deuxième partie de notre analyse interroge les multiples manières dont l'attente est vécue par les personnages, psychiquement aussi bien que physiologiquement. Quelle que soit sa forme, l'attente reste une expérience temporelle. La dernière partie de notre étude esquisse un panorama des perceptions du temps à travers cette expérience vécue. Au terme de notre travail, nous espérons avoir réussi un exercice de synthèse à partir d'un concept qui échappe aux règles, ainsi qu'une incursion dans le champ de la temporalité peu abordé par rapport à cette œuvre.


  • Résumé

    The present study aims to analyze Sylvie Germain’s works of fiction through the concept of ‘waiting’. Our interest was aroused by the internal articulation of her first novels. Its dependence on a proleptic network is symptomatic not only of the establishment of a pact that constantly confronts the reader with new expectations, but also of the author’s effort – conscious or not – to keep a good grip on the story. Despite the fact that the writer does not develop a theory around the notion of ‘waiting’ or make it the core of her writing, contexts built around it are plentiful in the narrative. The title of the dissertation anticipates our double perspective on Sylvie Germain’s novels, i.e.textual and diegetic. The whole is organized around a ternary structure. The first part focuses on establishing a poetics of waiting based on an abundance of pre-texts, on the highly dense paratextual apparatus, as well as on the use of anticipation by an infusion of details, which creates an echo effect against the diegesis. The second part of our analysis questions the multiple manners in which the characters live in waiting, psychologically as well as physiologically. Whatever its form, waiting remains atemporal experience. The last part offers a panorama of the time perceptions it engenders. Upon reaching the end of our research, we hope to have offered a synthesis around a concept that constantly escapes the rules, as well as to have approached time related aspects rarely discussed so far in relation to Sylvie Germain’s fiction.


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